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hallucinations-collectives 2014 - Retour sur les courts en compétition

Pour la première fois, les Hallucinations Collectives ont réunis tous les courts en compétition en une seule et même programmation. Si d'habitude ce genre de cocktail exacerbe les disparités de niveaux entre les sélectionnés, il faut avouer que l'ensemble tenait remarquablement bien et que le niveau général était plutôt de grande qualité. En effet, chacun des films présentés ici était une proposition de cinéma particulière. Retour sur les films présentés, dans l'ordre de préférence du rédacteur:

Unicorn Blood d'Alberto Vazquez

Sacré film d'animation que voilà ! Dans un monde où le rose prédomine, les ours en peluches doivent se nourrir de la chair tendre et juteuse des licornes pour rester mignons. Moffy et son frère peu sûr de lui et constamment rabaissé par Moffy partent en chasse de ces précieuses créatures dont l'extinction ramènerait la Terre au pire des démons : l'humain.

Alberto Vazquez trompe son monde avec des dessins édulcorés pour finalement narrer un conte qui fait froid dans le dos. Il joue avec brio de cette dichotomie entre la forme et le discours qui donne à ce court cette aura si fascinante.

Site officiel: http://www.unicornbloodshortfilm.com

Subconcious Password de Chris Landreth

Charles est à une soirée, où une ancienne connaissance, visiblement heureux de le retrouver, vient le saluer et insiste pour lui payer un verre. Charles est embarrassé, il ne parvient plus à se souvenir de son prénom. Pendant que l'inconnu part lui cherche un verre, un élucubrant jeu se met en place dans la tête de Charles…

Voici un trip visuel se déroulant à l'intérieur du subconscient du protagoniste, chargé de trouver le nom de son ancien compère, prenant la forme d'un jeu déjanté, animé par son surmoi accompagné par ses auteurs préférés. Les situations sont cocasses à souhait et le tout s’enchaîne sans perdre une seconde le rythme. Génial !

Bande annonce:
https://www.youtube.com/watch?v=bc8G7qVVSZY

L'Ouragan fuck you tabarnak ! d'Ara Ball

Delphis a 11 ans et est la terreur de son quartier et de son collège. Il vit dans l'un des quartiers les plus défavorisés de Montréal avec ses parents drogués, mais il a décidé de prendre son destin en main… en jouant encore plus la petite crapule !

Complètement irrévérencieux, vulgaire et sans gêne, voici une production de 2014 que l'on croirait sortie des années 80. Le petit Luka Limoges balance une énergie explosive avec des punchlines à tomber ! Nul doute que si l'on croisait un Delphis pareil, on aurait envie de le claquer ; mais filmé avec le recul d'Ara Ball, c'est juste jouissif !

Bande annonce:
http://vimeo.com/70082171

Middle de Soichi Umezawa

Une adolescente rêve à toutes les horreurs que pourraient subir ses parents qui ne l'on jamais considérée.

Sorte de croisement entre le cinéma déjanté de Shinya Tsukamoto pour les métamorphoses gores dérangées et celui de Michel Gondry pour les trouvailles et les effets visuels, "Middle" est un catharsis hallucinant et hilarant d'une jeune adolescente qui décide enfin de dire "Fuck you" à ses parents irresponsables.

Gregory Go Boom de Janicza Bravo

Gregory est paraplégique et veux échapper à l'attention démesurée de sa sœur. Aujourd'hui il a décidé de devenir un homme, un vrai, et doit rencontrer des filles abordées sur Internet.

Un court cruel et sans concession récompensé à Sundance en janvier dernier. On y trouve Michael Cera interprétant à merveille cet adolescent emprisonné dans son corps paraplégique. Dur et dérangeant.

Voir le court:

The Obvious Child de Stephen Irwin

Une famille a été décimée. La seule survivante est la petite fille, et son petit lapin qui a tout vu. C'était horrible. Les corps mutilés sont toujours à terre et ne veulent pas monter au ciel. La petite fille ne comprend pas…

Un court dans la lignée de "Uncorn Blood" mais en plus sombre puisqu'il s'agit ici d'une orpheline cherchant désespérément à faire entrer ses parents au paradis. Conte macabre narré par un petit lapin, jouet préféré de la petite fille, "The Obvious Child" est une œuvre radicale qui met mal à l'aise.

Voir la bande annonce:
http://vimeo.com/81491128

Nectar de Lucile Hadzihalilovic

Dans un mystérieux endroit végétal, un rituel se produit autour d'une femme suppurant du miel qui est méticuleusement récolté par un groupe de femmes.

Ovni onirique et sensuel de Lucile Hadzihalilovic qui revient dix ans après « Innocence » avec ce court métrage aux évocations bibliques. Entièrement sans dialogue, la réalisatrice confronte deux mondes en les liant aux abeilles et à leurs ruches. Original et intéressant.

Rough Trade de Drew Lint

Un Gigolo se voit embarqué dans une secte au culte étrange...

Le court le plus expérimental de la sélection, à la photo est ultra-soignée rappelant celle de Benoit Debie ("Enter the void"). Avec une narration elliptique et sensorielle, sans aucun dialogue également mais sous une quasi-constante musique, "Rough Trade" ressemble plus à un clip qu'à un véritable court-métrage.

Voir la bande annonce:
http://vimeo.com/61074102

Informations

Festival Hallucinations collectives 2014
du mercredi 16 au lundi 21 avril 2014
Site officiel: http://www.hallucinations-collectives.com/

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur