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INTERVIEW

VIOLENCE DES ECHANGES EN MILIEU TEMPERE

Lorsqu’on lui demande pourquoi il a choisi ce titre, le réalisateur, Jean Marc Moutout répond que les gens tolèrent de moins en moins les échanges violents. Concernant son approche du milieu du travail, il déclare avoir déjà fait des courts métrage sur le sujet, mais ne voulait pas ici abord…

© Patrice Riccota

Lorsqu'on lui demande pourquoi il a choisi ce titre, le réalisateur, Jean Marc Moutout répond que les gens tolèrent de moins en moins les échanges violents. Concernant son approche du milieu du travail, il déclare avoir déjà fait des courts métrage sur le sujet, mais ne voulait pas ici aborder de la même manière, la difficulté de trouver un emploI. Il est passé du regard extérieur (ceux qui n'en ont pas), à un regard de l'intérieur. Il s'intéresse à ce en quoi le travail façonne l'identité, et influence la relation avec l'autre, y compris dans l'intimité.

Pour lui, il est difficile de s'extraire du monde du travail, mais tout construire sur cette notion est également très dangereux. Quand on l'interroge sur le contexte actuel, il avoue ne pas comprendre pourquoi la croissance est le seul moyen de survivre. Pour représenter le milieu des auditeurs, l'équipe a usé de l'infiltration. Ils ont suivi ces professionnels en missions, lu leurs bibles internes et rencontré des chefs d'entreprises. Puis l'imagination a fait le reste.l

Au centre du film, il y a le personnage de Jérémie, qui n'a pas tellement d'utopies en lui. Il se présente dès le départ comme docile. Il a simplement envie de bien faire. Autour de lui, et Jean Marc Moutout s'en sent plus proches, il y a tous les personnages secondaires, qu'il a voulu aux comportements divers.

Le personnage de Jérémie est différent de celui du film Ressources Humaines. Il va jusqu'au bout de la démarche. Et pour le co-scénariste, Olivier Gorce, la question n'est ici pas du tout la même. Pourquoi des gens font ce métier ? Pourquoi est-ce qu'ils se conforment au moule ? Pour Jérémie Rénier, on se pose forcément, en tant que spectateur, la question de ce qu'on aurait fait à sa place. Son personnage découvre le goût du pouvoir. Pour s'immerger dedans, il a du découvrir le milieu des bureaux, et suivre des séminaires sur la communication et la confiance en soi, qui se sont avérés très surprenants.

Certains reproches au film d'estomper toute notion de solidarité. Pour le réalisateur, c'est la réalité, faite de l'absence des syndicats (on est dans une PME). La solidarité devient un enjeux personnel. Dans le film, chacun a ses raisons d'agir. Celui qui morfle le plus, c'est le beau frères, car lui a vraiment un idéal. Il est donc incapable de s'insérer.

Le co-scénariste explique qu'il a lu " souffrances en France ", et l'inversion des valeurs qui s'opère. Aujourd'hui le courage, c'est de dire à quelqu'un dans les yeux qu'il est licencié. Ainsi le système intègre les faiblesses des gens, et tout ce qui peut le desservir.

Le film a en tout le mérite de faire réagir. Cylia Melki indique que lors des projections, les gens restent souvent sans voix. Les gens projettent leurs propres frayeurs au travers du film. On lui a même reprocher d'avoir lâché le personnage de Jérémie. Alors que dans les facs, les étudiants sont plus réactifs, car cela leur fait voir le monde du travail différemment.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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