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INTERVIEW

CABARET PARADIS

© Patrice RICCOTA

Pour Corinne et Gilles Benizio, l'envie de s'essayer à la réalisation a été la plus forte pour déclencher le processus du film. Dès le départ, en dehors de leurs personnages, ils ont voulu écrire pour des comédiens précis. Ecrivant depuis des années, passés par 15 ans de compagnie de théâtre, ayant joué beaucoup de rôles différents (et parfois multiples) en costumes, il pensent avoir développé une logique de travail et un esprit de la prise de risque qu'ils ont pu mettre en pratique à nouveau sur le film. Après s'être fait la main sur un court métrage, ils se sont entourés d'une bonne équipe technique et on tenter d'adopter une narration simple pour ce qui serait leu premier film.

Le faux ratage est bien sûr, une des notions communes entre leurs spectacles et le film. Ils se sont très vite aperçu, dans leur spectacles, qu'il fallait savoir meubler, notamment en cas de pépin. Ce qui les intéressait ici c'était de montrer "l'énergie des gens qui sauvent ce qui pose problème", ce qui courre à l'échec. Eux-mêmes avouent avoir déjà fait à manger, comme dans le film, pour rentabiliser un spectacle.

Pour "Cabaret Paradis" ils ont dû faire appel à un vrai public pour "interpréter" les gens aux tables du cabaret, car les figurants n'étaient pas assez nombreux et leur manque de renouvellement se serait vu à l'écran. Ceci donne au final un aspect plus authentique aux scènes de spectacle. D'autant que tous les numéros présentés dans le film sont inédits., même celui de la boîte magique

Leurs influences en matière de cinéma lorgnent du côté de Laurel et Hardy pour la maladresse mais aussi la débrouillardise ou de Woody Allen pour les personnages de mafieux appuyés, qui ne sont pas sans évoquer "Broadway Danny Rose" ou "Coup de feu sur Broadway". Mais nos deux novices insistent sur le fait qu'ils ont surtout voulu créer des "méchants de comédie". après avoir essayé avec deux méchants seuls, il leur est apparu comme évident qu'il fallait rajouter une autorité. On s'est rapproché ainsi du burlesque et du cartoon, en créant un groupe qui ressemble aux pieds nickelés.

Ils ont souhaité créer également des seconds rôles marquants, comme celui de Serge Riaboukine, lanceur de couteau venu de l'est. Ce dernier aurait bien entendu eu envie d'être plus présent à l'écran, mais s'avoue ravi que ses apparitions soient perçues comme des points d'orgue. Tous étaient très écrits, très travaillés, comme l'ensemble du scénario qui avait donné un premier montage de près de 2h20, ramené à 1h36 après suppression de quelques scènes trop explicatives.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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