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Test DVD - GRAVITY

Date de sortie : 26 février 2014

Le docteur Ryan Stone, experte en ingénierie médicale, est chapeautée par l'astronaute Matt Kowalsky, lors de sa première sortie dans l'espace. Peu en forme, elle tente cependant de faire son boulot avec précision, alors qu'une pluie de débris approche. N'ayant pas le temps de rentrer dans la navette, ils sont alors victimes d'un accident qui les isole dans l'espace...

Test DVD

Une expérience cinématographique du niveau de "Gravity" n’arrivant en général qu’une fois tous les vingt ans (minimum !), que pouvait-on attendre d’un Blu-Ray du chef-d’œuvre terminal d’Alfonso Cuarón ? On aurait certes rêvé de la Lune, mais ça n’aurait sans doute pas suffi… Blague à part, il semblait vital pour le cinéphile de pouvoir enfin englober l’ensemble des étapes de fabrication de ce film tout en essayant autant que possible de prolonger l’expérience ultra-immersive de la salle obscure. N’y allons pas par quatre chemins : le pari est gagné haut la main, et cette édition, qui privilégie fort heureusement la qualité sur la quantité, s’impose d’ores et déjà comme l’achat DVD/Blu-Ray le plus indispensable de ce début d’année. Pour une petite revue des nombreuses surprises que réserve la galette, mettez votre combinaison d’astronaute et suivez le guide…

Menu

Quelques extraits vidéo du film accompagnés de morceaux de la sublime BO de Steven Price viennent habiller le menu principal du Blu-Ray. Sobre et simple, mais déjà immersif en soi. Parfait, donc.

Image

On attendait ni plus ni moins que la perfection absolue, on la récolte au centuple : d’un bout à l’autre du film, on en prend plein les mirettes, avec un piqué d’une précision titanesque et un degré de détails proprement inouï. Pour être un peu plus précis, l’image se révèle si nette que l’on peut pratiquement comptabiliser tous les débris qui atomisent la station spatiale en milieu de film. Rien à rajouter de plus : avec une télévision suffisamment grande et bien équipée, il n’y aura aucun mal à revivre l’expérience visuelle de "Gravity" chez soi telle qu’elle fut vécue dans une salle obscure.

Son

Double perfection du côté du son : un mixage Dolby Digital 5.1 qui offre une spatialisation parfaite de tous les effets et une claque totale qui respecte chaque intention du montage sonore élaboré par l’équipe technique de Cuarón. Pour en prendre le pouls, il suffit de regarder le sidérant plan-séquence d’ouverture avec un casque sur les oreilles. L’immersion est garantie !

Bonus

Making-of : contrôle de mission
Si l’on regarde en arrière, pratiquement chaque grand film de science-fiction de l’histoire de cinéma a eu droit à un making-of d’une durée effarante, révélant la conception de l’œuvre en question dans ses moindres recoins et collectant une incroyable somme d’infos à destination du cinéphile. Dans la même lignée que ceux d’"Alien" et de "Blade Runner", le making-of de "Gravity" est non seulement plus long que le film lui-même, mais surtout, il se suit d’un bout à l’autre comme un pur suspense. Tout l’enjeu consiste à comprendre comment, à partir d’un scénario totalement finalisé et visualisé par Alfonso et Jonas Cuarón, il allait être possible d’atteindre un tel degré de réalisme spatial et de donner vie à un pur rêve de spectateur. Chaque détail de la conception du film est ainsi passé au crible, avec néanmoins une prédominance pour la direction des acteurs, les explications sur la richesse symbolique du film et les émotions à faire véhiculer dans chaque plan. Avec un nombre faramineux d’interviewés (presque toute l’équipe y passe) et de statistiques vertigineuses (on comprend bien pourquoi le film a mis quatre ans et demi à être conçu), ce documentaire peut presque se décrire comme un satellite spatial déployant une orbite autour d’une planète à explorer (le projet) : plus on avance dans le mouvement, plus l’ensemble de la cible se voit cartographié avec précision, plus nos questions trouvent leurs réponses. Un régal, ni plus ni moins.

Amerrissage : découpages techniques
Parfait complément au colossal making-of ci-dessus, ce documentaire d’une demi-heure revient plus en détail sur quelques scènes-clés du film (l’incendie dans la station spatiale, la scène finale avec Sandra Bullock sur le sol terrestre, le flottement de l’héroïne en position fœtale, etc…) afin de clarifier le rapprochement entre le tournage en studio et le travail effectué sur les images de synthèse. Le module s’attarde aussi sur quelques éléments qui ont créé de sacrées réflexions au sein de l’équipe technique, qu’il s’agisse de la visière du casque d’astronaute (ce qui nécessitait un travail on ne peut plus considérable sur les effets spéciaux) ou de la fameuse « Light Box » ayant servi à gérer les effets lumineux. On aurait cependant adoré en découvrir un peu plus tant l’ensemble des explications se révèlent d’une belle limpidité (ouf, pas de charabia nébuleux ou trop technique !). En matière de décorticage, les apprentis cinéastes auront donc de quoi déguster avec ces deux fabuleux documentaires.

Point de collision : la course à un espace sans débris
Au vu de l’événement dramatique qui enclenche la dérive spatiale du tandem Bullock/Clooney dans "Gravity", la présence d’un module consacré à ces fameux débris qui circulent dangereusement au sein de l’orbite terrestre n’a rien de surprenant. Hormis un détail : on ne s’attendait pas à tomber sur un documentaire aussi alarmiste ! Narré par Ed Harris (décidément LA voix off du projet "Gravity" !), ce petit module révèle à quel point l’orbite terrestre est devenu une décharge de débris en tous genres (des restes des fusées du programme spatial Apollo jusqu’aux astéroïdes, en passant par les morceaux de satellites endommagés) et tente très clairement d’alerter sur ce danger. En outre, le nombre d’informations et d’explications sur divers concepts d’astrophysique reste très élevé, en tout cas bien plus enrichissant qu’une théorie absconse des frères Bogdanov et bien moins lénifiant qu’un énième commentaire écolo de Yann Arthus-Bertrand. Visionnage fortement recommandé !

Court-métrage "Aningaaq"
Dans une scène-clé du film, l’héroïne entre brièvement en communication avec un inuit nommé Aningaaq, avec qui elle tente d’entamer un dialogue alors que son vaisseau en panne dérive dans l’espace. Jonas Cuarón, fils d’Alfonso et coscénariste du film, avait pris le soin de réaliser un petit spin-off de cette scène en adoptant le point de vue inuit et en le situant sur les vastes plaines glacées du territoire polaire. Cet excellent court-métrage est ici présenté dans une qualité absolument parfaite et prolonge très agréablement l’expérience "Gravity". Avec, en prime, une petite introduction du duo Cuarón (père et fils) qui offre quelques brèves informations sur le court-métrage et prend soin d’en révéler l’origine (un événement vécu par Alfonso lors d’un repérage du Groenland).

Festivals de films
Ni plus ni moins qu’une liste des festivals où le film a triomphalement circulé. Inutile de préciser qu’elle est assez vaste.

Liste des bonus Blu-Ray
- Making-of : contrôle de mission (107 min) ;
- Amerrissage : découpages techniques (37 min) ;
- Point de collision : la course à un espace sans débris (22 min) ;
- Court-métrage "Aningaaq" (7 min) ;
- Introduction à "Aningaaq" par Alfonso et Jonas Cuarón (3 min) ;
- Festivals de films

Guillaume Gas Envoyer un message au rédacteur

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