Banniere Festival de Berlin - Berlinale 2024

WHEN EVIL LURCKS

Un film de Demián Rugna

Viva Argentina

Quelque part en Argentine, deux frères trouvent un corps mutilé sur leur propriété. En cherchant l’identité de la victime, ils sont amenés à découvrir bien pire : un des villageois isolé est possédé et le mal menace de se répandre sur leurs terres. Cédants à la peur, ils décident d’éloigner ce mal du village. Mais il semble que celui-ci ait d’autres plans, qui dépassent largement ce lopin de terre…

En introduisant son film lors de sa présentation au Festival de Gérardmer, Demiàn Rugna nous annonçait qu’on risquait de le détester à la fin de la projection. Ici, comme les spectateurs ne se laissent pas avoir par ce genre de teasing, ils attendaient le résultat patiemment. Et on est récompensé au bout de 10 minutes à peine : un corps en putréfaction énorme mais vivant nous attend sur un lit au détour de l’intrigue. Une belle entrée en matière, et certainement le moment le plus tranquille du métrage.

Demiàn Rugna avait déjà fait ses preuves dans le genre : il a insufflé en Argentine un vent de fraîcheur sur l’horreur avec son "Terrified" en 2017. Ici, il nous prouve encore une fois que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures, à condition d’avoir des ingrédients d'exception. Et ces ingrédients, parlons-en !

L’imagerie de l’horreur est déjà bien remplie et si vous êtes friands du genre, il y a fort à parier que plus grand chose ne vous surprendra. Le génie de cette histoire est de reprendre les codes que l’on connaît, en y insufflant une sauvagerie et un sens de la mise en scène impeccable. Le mal qui se répand en changeant d’hôte ? Checked. La cavale infernale pour essayer d’y échapper ? Checked. Le home invasion quand on se croit à l'abri ? Checked aussi. Mais accrochez-vous, car de scène en scène, le réalisateur et son cadrage astucieux nous font passer du jumpscare, au « non, il va quand même pas oser ?... » (un indice, il est question dans ce verbatim pensé très fort par l’autrice de ces lignes, d’un chien et d’un enfant).

Autre ingrédient clé de la réussite de ce film : son histoire. Car oui, en horreur on pourrait se contenter des trucs dégueux à l’écran, mais on préfère quand le genre fait ce qu’il fait de mieux et parle de la société qui l’entoure. Dans "When Evil Lurks", on perçoit la violence des hommes : ceux qui dépassent les bornes, ceux qui pensent bien faire, ceux qui n’écoutent pas (ni les femmes, ni les enfants, qu’ils soient de leur famille ou non). Finalement, avec ou sans le mal qui rôde, ce sont bel et bien eux qui provoquent leurs chutes. Foncez le voir en salle à sa sortie, mais conseil d’amie cependant : mangez léger avant.

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire