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LE VOYAGE AUX PYRENEES

Trois films en un

Un couple actrice / metteur en scène en pleine crise, part en voyage dans les Pyrénées, le mari espérant y trouver de quoi calmer les ardeurs de sa femme, en proie à des crises de nymphomanie...

Les frères Larrieu, auteurs remarqués de « Peindre ou faire l'amour » osent une fois de plus, presque tout, dans ce film triple, qui commence dans le décalage, se poursuit dans le burlesque et se termine dans le totalement loufoque. Autour des deux personnages principaux, il dresse d'abord un portrait d'un village et de ses curieux, puis d'une chasse à l'ours teinté d'allusions sexuelles (« face à un fauve il faut se soumettre »), et enfin, retrouvailles magiques dans la montagne. Satire contemporaine, il s'agit aussi d'une farce assumée.

Marquant, barré, parfois osé (ah, la scène du massage au chocolat), leur scénario explore les voies d'un absurde réjouissant, et offre à Darroussin et Azéma des rôles, certes excessifs, mais qu'ils semblent prendre un malin plaisir à enjoliver, épinglant au passage quelques excès du star système. Comment alors ne pas s'esclaffer lorsque Darroussin confesse qu'il a lui aussi été nymphomane dans sa jeunesse ! Comment ne pas rire face à toute cette approche de l'ours, initialement sous forme de suggestion (le bip d'un détecteur de collier) puis de manière visuelle aussi improbable que créatrice de panique (il fait des tours, fume....).

Les Larrieu se moquent ainsi gentillement de la désormais légendaire peur de l'ours, animal détourné ici en objet de fantasmes. Donnant libre cours à une fantaisie parfois inattendue, ils font de cet égarement aux Pyrénées une oeuvre réjouissante, qui ne plaira cependant pas à tout le monde. Excessif dans ses bonnes idées (tentative de dialogue en bulgare à l'ours importé, exagération des mimiques lorsque les acteurs s' imitent l'un l'autre dans la troisième partie), le film l'est aussi dans les bouffées de chaleur qui saisissent ses protagonistes. Mais rien que la scène de la cabane et la chanson des moines très très gays, valent le déplacement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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