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VOICI VENU LE TEMPS

Un film de Alain Guiraudie

POUR: Niveau +4 - Aussi déroutant que passionnant

Radovan et Fogo sont chargés de retrouver Manjas Kébir, un dangereux bandit. Pourtant, ces deux guerriers expérimentés se posent des questions sur l'intérêt de cette quête, leurs amours, les tracas politiques du pays…

Avec son nouveau film, le très original Alain Guiraudie (Du soleil pour les gueux, Pas de repos pour les braves) ne déroge pas à la règle, et nous livre une œuvre accrocheuse par la nature décalée de son univers, totalement inventé (ou rêvé). Ceux qui se prendront au jeu, découvriront un pays étrange, composé de quatre contrées, où cohabitent voleurs, guerriers (d’attente, perchés dans des arbres, ou de recherche, lancés sur les pistes), villageois, commerçants, bergers livrant leur sang à de mystérieux animaux suceurs de sang, à la viande fort gouteuse, et hommes politiques influents. Il y a là de quoi alimenter l’imaginaire des plus récalicitrants, avident de mondes originaux et complexes.

En faisant de l’homosexualité un mode de relation commun, et en surchargeant quelque peu les dialogues de termes barbares et poétiques, Guiraudie, perdra certains dans la complexité de son univers, mais ravira les adeptes de textes aux sonorités exotiques, bercés par la douce musique de ces paroles parfois incomprhensibles. Servies par une pléiade d’acteurs tous impeccables et crédibles, les dialogues font beaucoup dans l’apparence datée de ces lieux, pourtant fort loin d’un moyen âge supposé, de par la présence de costumes trois pièces, ou de téléphones presques portables (ils se branchent sur d’improbables prises, posées sur les bornes routières). Alors courrez vite découvrir ce monde à la monnaie sonnante, le Kroban, mélangeant avec joie les époques, les préoccupations politiques et existentielles, tout en gardant une gravité de ton, forte et convaicante.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

CONTRE: Des rires et des chants depuis longtemps oubliés

Voivi venu le temps, ou comment Alain Guiraudie recrée complètement un univers, à la fois intemporel, irréel, et sans base géographique connue. C'est d'ailleurs le principal intérêt de son film, le réalisateur propose un nouveau langage, de nouveaux enjeux humains, politiques et économiques. le tout pour nous offrir un film aux croisements entre conte philosophique, comédie dramatique, aventure.

Tout au long de son film, Guiraudie creuse les rapports humains et sociaux, nous proposant notamment l'histoire d'un couple gay impossible (« Si je joui je meurs») ou encore une vision politico économique de la vie, avec ces brigands qui tuent et kidnappent pour faire valoir les droits des esclaves.

Pourtant, « Voici venu le temps » peine à captiver le spectateur. Les dialogues très travaillés pour se donner des airs philosophiques ennuient et sonnent faux, et l'histoire est parfois difficile à suivre et encore plus à comprendre. Au final, cet univers nouveau et ces enjeux sont d'un intérêt certain, mais sont servis par une mise en scène, et des dialogues trop abscons pour tenir en haleine un spectateur qui le plus souvent passera donc à côté. Dommage.

Rémy MargageEnvoyer un message au rédacteur

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