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VIVE LES VACANCES

Une succession de sketches qui ne font pas tous rire aux éclats

Joe et Amy doivent, une année de plus, passer leurs vacances d’été dans le chalet familial et ça énerve cette dernière qui se verrait bien, pour une fois, changer de destination. Le mari, qui s’en rend compte, réserve en secret des billets pour le parc d’attractions « Walley World » à l’autre bout du pays et annonce la surprise à ses deux enfants et sa femme. Tous embarquent donc pour un road trip de plusieurs jours à travers les États-Unis…

Les Américains n’ont pas le monopole des films de vacances ratées. Les Français sont très doués dans ce registre ("Les Bronzés" en sont un parfait exemple, auquel on peut ajouter "Les Randonneurs", "Liberté Oléron" ou encore "Restons groupés") ! Mais les Américains ont un plus : l’immensité et la diversité des paysages de leur pays, ce qu’a la France certes, mais à une toute autre échelle. Et comme les Américains vénèrent le road-trip, ils n’hésitent pas à enfourcher moto ("Easy rider"), voiture ("Thelma et Louise"), mini van ("Little miss sunshine") ou même à mettre leurs simples baskets ("Forrest Gump") pour faire des milliers de kilomètres et traverser au passage des paysages de toute beauté.

Avec une première scène débutant dans un avion et qui rappelle furieusement "Y a-t-il un pilote dans l’avion ?", les scénaristes et réalisateurs de "Vive les vacances" (dont c’est le premier long métrage) donnent le ton. On est dans une comédie loufoque à déguster l’été avec son cerveau déposé à côté de soi ! C’est parti pour un road movie en famille… dans un engin bien particulier : une voiture albanaise. Car on se moque beaucoup dans "Vive les vacances" ! À commencer par les Américains eux-mêmes : les routiers pervers, les bouseux avec un rat autour du cou (pas « leur » rat !), les gérants de gîtes et leur hospitalité légendaire… Un film américain qui en met autant sur ses compatriotes n’est pas un mauvais film en soi !

Et puis, les Américains n’oublient pas ces autres humains qui vivent sur la même planète qu’eux. Les cibles de "Vive les vacances" sont ainsi les Albanais et les Coréens. Les premiers ont inventé une voiture pas chère avec laquelle partira la petite famille. Ses particularités ? Une télécommande aux boutons suspects représentant aussi bien un muffin qu’une croix gammée, des rétroviseurs extérieurs qui se font face, un siège conducteur qui tourne sur lui-même ou bien encore un GPS qui peut se bloquer avec la voix étrangère d’un Coréen ! Et l’homme n’est pas du genre à prendre sa voix la plus douce, il serait plutôt du style à imiter un Kim Jong-un en colère… !

Le film enchaîne un peu trop les sketches les uns après les autres (dans des saynètes toutes loin de faire rire aux éclats) comme dans un catalogue de vacances-catastrophes. Pourtant, sur le papier, ça s’annonçait drôle : visite de l’université de la mère où elle est encore vénérée comme la reine des jeux alcoolisés, balnéothérapie dans ce qui s’avère finalement être des eaux usées, descente en rafting avec un guide fraîchement largué par sa compagne et qui a soudain des envies suicidaires… On s’amuse sans jamais s’en taper le cul par terre… Les situations souffrent souvent de lourdeurs et de manque de rythme (à croire que c’est un boucher qui a fait le montage du film)…

Avec son message altruiste sur la famille et le couple, on est un peu au ras des pâquerettes côté intention. Mais avouons quand même, pour une fois, que l'on n’est pas bassiné sur les valeurs traditionnelles autour de la religion et du puritanisme. D’ailleurs, dans "Vive les vacances" on s’exhibe pas mal physiquement et mentalement. Le père et la mère aspirent à trouver des jeux érotiques plus excitants qu’à leur accoutumée (si la douche du motel fait flop, on rigole un peu de l’idée de faire du sexe sur l’emplacement même où quatre états des États-Unis se rejoignent). Et que dire du rôle surprise de Chris « Thor » Hemsworth qui s’affiche pratiquement nu pendant de longues minutes, prenant des poses lascives uniquement revêtu de son boxer, affichant ses tablettes de chocolat 15 % de matières grasses sans oublier son très long pénis (une prothèse rassurez-vous, il l’a avoué) qu’on voit dans le générique de fin (sous forme de diaporama photo) dépasser de son maillot de bain ! Ces photos souvenirs de vacances (qui ouvrent et terminent le film) sont finalement les meilleurs moments de ces vacances à l’américaine (pas si) ratées.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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