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VIVA LA LIBERTÀ

Un film de Roberto Andò

Finie la langue de bois

Le leader du parti de l'opposition italienne, devant la chute des sondages et les accusations répétées de condamner son parti à l'échec, décide de disparaître quelques jours. Il se réfugie chez une amie parisienne. Mais pendant ce temps, son principal conseiller découvre qu'il a un frère jumeau, fraîchement sorti de l'hôpital psychiatrique, qui pourrait bien avoir envie de jouer les sosies...

"Viva la libertà" est une comédie politique qui a le mérite de poser un certain nombre de questions fondamentales sur le rapport du citoyen à l'homme politique, et les conditions d'un retour de confiance envers les élites, aujourd'hui tant mis à mal, y compris dans notre propre pays. Son scénario malin, finement dialogué, rappelle l'importance de redonner l'espoir à un peuple à qui on ne présente comme option que la peur, de mettre à bas la langue de bois, l'homme politique ne devant pas hésiter à dire la vérité, à exprimer ses doutes, et refuser le pouvoir pour le pouvoir et les alliances contre nature.

Démarrant à la manière d'une chronique policière, avec l'arrivée du frère-sosie, le film prend un tournant comique insoupçonné durant son premier quart d'heure. Toni Servillo semble prendre un malin plaisir à interpréter un double lunaire, tout sourire affiché, doté d'un don pour l'auto-satisfaction et la fine provocation. La scène de l'interview improvisée à table, assez hallucinante de drôlerie, marque le début d'une intrigue aussi osée que casse gueule. Quant au récit parallèle du séjour parisien et du besoin du vrai homme politique de se recentrer sur ce qui est important dans la vie, il touche et donne un caractère humain au personnage, à l'animal politique, devenu tout autre au contact de la femme qu'il a autrefois aimée.

Verve sympathique, dialogues cousus mains, grandes envolées aux allures de franchise, le personnage du frère emballe par sa fausse aisance. Sa manière de se mettre de côté les médias, avides de sensations, et de faire réfléchir les militants comme la population, si elle semble suicidaire et donc peu réaliste, se conjugue avec des tocs bien sentis, pour décrire une improbable mais salutaire opération de communication, dont le monde politique italien, et même français, aurait bien besoin.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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