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LA VIE TRÈS PRIVÉE DE MONSIEUR SIM

Un film de Michel Leclerc

Un humour anglais qui tombe à plat

Ennuyeux et bavard, Monsieur Sim est séparé, sans emploi, dépressif, et saoule tous ceux qui croisent son chemin. Espérant remonter la pente, il trouve grâce à un ami, un travail de colporteur en brosses à dents écolos et « révolutionnaires ». Il part alors sur les routes vendre son attirail, mais espérant renouer le contact avec sa fille...

Pas facile d'adapter au contexte français, l'humour délicieusement anglais de Jonathan Coe. Preuve en est la scène d'ouverture de ce film, mettant en images la maxime "ennuyeux à mourir", et certainement à hurler de rire sur le papier, mais tombant au final totalement à plat sur grand écran. Original sur le fond, dans son approche de ce qui fait ou creuse la solitude, le récit du nouveau film de Michel Leclerc ("Le Nom des gens"), semble manquer d'équilibre, préférant creuser une parabole entre une histoire de marin trop désespéré pour ne pas mentir sur ses positions pendant une course, et l'errance du personnage pour lequel le mensonge devient aussi la seule voie possible.

Le paradoxe du personnage principal, entre l'affichage à tout va de son état dépressif et le refus de lâcher prise, ne semble finalement intégré que par Jean Pierre Bacri lui-même, dont les regards perdus et la fausse curiosité ponctuelle ont du mal à ne pas pointer derrière un léger sourire de façade. Donnant dans la finesse, l'acteur ne parvient cependant pas à détourner le film de ses accents de comédie plutôt malvenus. Les passages autour de la brosse à dents frisent le ridicule, et chaque signe de pathétique, tourné en plaisanterie (comme la formidable idée de départ de le faire dialoguer avec la voix féminine du GPS), finit par agacer.

Reste le secret d'un père lui même lointain, présenté habilement au départ comme plus ennuyeux encore que son fils, mais finalement lui aussi incapable de connecter avec ceux qui l'entourent. Il donne naissance au seul passage magique du film, un long flash-back, touchante histoire dans l'histoire, où Vincent Lacoste interprète cette jeunesse du père avec une sobriété confondante. Un peu tardif, il permet d'envisager avec un autre regard certains événements, dont les quelques contacts avec le mystérieux personnage de Mathieu Amalric. Mais il est malheureusement déjà trop tard.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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