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UNE HISTOIRE ITALIENNE

Une portion d'Histoire

A l'aube du 30 Avril 1945, on retrouve à la périphérie de Milan les cadavres ensanglantés d'Osvaldo Valenti et Luisa Ferida, exécutés quelques heures auparavant par les partisans. Adulé du grand public, le couple faisait partie des acteurs de premier plan du cinéma des "téléphones blancs" que le régime fasciste avait voulu encourager...

Marco Tullio Giordana est passé maître dans l’art de raconter l’histoire de son pays au travers de personnages frappés par le destin. Si avec « Nos meilleures années » il se penchait sur la période de la fin des années 60 à nos jours, il retrace cette fois-ci les années fascistes à la veille de la fin de la guerre. Le rapport ambigu du couple Valenti et Ferida avec le fascisme est restitué dans toutes ses subtilités, semant parfois le trouble dans l’esprit du spectateur.

Chaque personnage est lui-même en proie à de fortes contradictions : Valenti, parfaitement intègre lorsqu’il s’agit de son métier, pourrait vendre son âme pour arriver à ses fins ; Ferida, qui lui voue un amour déraisonné, est parallèlement tiraillée par sa forte fascination pour Golfiero, le réalisateur rebelle ; quant à ce dernier, bien qu’homosexuel, il semble prêt à donner sa vie pour l’actrice qu’il a lancée.

On est donc vite fasciné par chacun des personnages, servis par une interprétation de qualité. Luca Zingaretti, délicieusement cynique, tire largement son épingle du jeu, explorant les multiples facettes de Valenti avec une grande virtuosité. On regrettera quelques longueurs, dues notamment au manque de rythme de la mise en scène. Mais celles-ci sont vite balayées par le soin apporté à la reconstitution historique.

Sylvia GrandgirardEnvoyer un message au rédacteur

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