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UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR

Lorsque des troupes révolutionnaires réquisitionnent son couvent, le jeune moine Gabriel voit ses certitudes ébranlées. Au contact de ces soldats, il va progressivement questionner sa foi et évoluer dans sa vision du monde…

Un violent désir de bonheur film image
Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

Une œuvre sensuelle et philosophique trop réduite à ses dialogues

Présenté à l’ACID lors de l’édition 2018 du Festival de Cannes, "Un violent désir de bonheur" est un premier film éminemment audacieux. Les films d’époque étant souvent un exercice casse-gueule, peu de jeunes cinéastes osent s’aventurer dans les méandres tortueux de la reconstitution historique. Qui plus est lorsqu’il s’agit de s’attaquer à la Révolution Française comme c’est ici le cas. Clément Schneider, lui, n’a que peu faire de ces avertissements, préférant arpenter sa propre voix, celle d’un cinéma onirique et sensoriel, plus fidèle à une certaine poésie qu’à un temps donné. Le résultat, bancal, confirme les difficultés à transcender un sujet historique, mais n’en révèle pas moins pour autant les nombreuses qualités plastiques de ce néo-cinéaste.

Nous sommes en 1792. Loin de la capitale. Loin donc de l’épicentre des révoltes qui animent le pays depuis déjà plusieurs années. Dans l’arrière-pays niçois, au sein des paysages accidentés de la garrigue, se dresse un couvent dans lequel vit le jeune moine Gabriel. L’arrivée de soldats dans cette enceinte sacrée va complètement chambouler l’existence du garçon, questionnant sa foi autant que sa perception du monde. Et le réalisateur de convier du symbolisme au réalisme. Si le métrage est fidèle au lyrisme de son titre, l’aspect théâtral et verbeux enferme les protagonistes dans un écrin trop étriqué, annihilant considérablement l’impact émotionnel des tourments rencontrés par ceux-ci. Si la bande-son rock a le mérite d’inclure le récit dans une autre représentation, les dialogues peu inspirés et omniprésents condamnent ce premier essai cinématographique à une trop grande monotonie. Dommage car les quelques fulgurances laissent entrevoir un talent brut de metteur en scène.

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Un violent désir de bonheur de Clément Schneider avec Quentin Dolmaire et Grace Seri – bande annonce officielle from Shellac films on Vimeo.

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