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UN MONDE AILLEURS

Un film de Étienne Faure

Méditations sur la fin d’une amitié

Cinq potes partent dans la jungle à la recherche d’un chaman qui pourra rendre la vue à Tom, leur ami en train de devenir aveugle. Cinq potes d’enfance, tous très différents, qui posent leur tentes comme si de rien n’était, tout sauf préparés à la jungle qui s’étend tout autour d’eux…

Un monde ailleurs film

Ils sont cinq a être partis, cinq qui se connaissaient depuis toujours, Pierre, le narrateur, le « boring-guy », le dessinateur frustré ; Charlie, le beau-gosse, musicien, toujours en petit polo, qui pense avant tout avec ce qu’il a entre les jambes ; Léo, le malchanceux bien-heureux ; William, le végan proche de la nature, qui croit en tout, qui attend les signes ; et enfin, Tom, celui pour lequel l’aventure commence, le musicien raté, qui ne sait pas marcher sans zoomer l’environnement avec son téléphone parce qu’il devient aveugle à 24 ans.

Ces cinq bras cassés posent leur tente au cœur de la jungle, au bord d’une rivière, à proximité d’une frontière dangereuse. Ces cinq gars, plein de testostérone découvrent un jour que sur l’autre rive, il y a une tente, et que dans cette tente, il y a trois filles, des filles qui dansent, qui se déshabillent, qui s’embrassent et qui leur font perdre la tête. "Un monde ailleurs" ne raconte pas grand-chose de plus que cela : la vie de ce groupe d’amis, qui boivent des coups, fument des pétards à longueur de temps. Ils sont tout sauf organisés et préparés. Leur survie jusqu’à ce point semble même assez miraculeuse. Ils ne sont jamais conscients du danger réellement mortel qui les entoure sans cesse, comme si un voile d’ignorance et de facilité occidentale les entourait sans cesse.

Construit et rythmé par la voix-off du narrateur, qui lit ses méditations inspirées par les évènements de la journée, sur un rythme lancinant et monocorde, faisant souvent penser à du slam ou à Fauve, le film se découpe en séquences de jour, souvent très proches des personnages et séquences de nuit, dans les tentes, où ce sont les corps nus, transpirants, alourdis par le sommeil, qui sont filmés sous une lumière rouge.

Il est difficile de savoir si le film est bien ou mal joué, car le côté décalé et inconscient des personnages semble faire partie de la mise en scène. "Un monde ailleurs" est un projet à part, signé de l’auteur du remarqué "Bizarre", parfois proche de l’expérimentation formelle, parfois proche de la chronique sociale d’une jeunesse qui a perdu le sens de la mesure, et parfois, manifeste, ou illustration d’une réelle problématique sociale de notre temps. Qui sait ?

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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L’interview vidéo du réalisateur :

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