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UN ÉTÉ AFGHAN

Avec James Ivory...

Un touchant documentaire testament

A 94 ans, en 2022, James Ivory ressort d’une boîte restée longtemps close, les rushs d’un tournage effectué à l’été 1960, à Kaboul, en Afghanistan. Un projet de film qui n’aura jamais vu le jour, qui permet au cinéaste de revenir sur sa jeunesse, sur l’ouverture d’un pays en devenir, et sur les prémisses de son immense carrière…

Peu de chance désormais que l’on revoit un jour le réalisateur James Ivory, dont la carrière a connu son apogée dans les années 80 – 90, avec notamment ses sublimes adaptations des romans de E.M.Forster ("Chambre avec vue", "Maurice", "Retour à Howards End") qui nous plongeaient alors dans l’époque victorienne, un jour derrière la caméra pour un film de fiction. C’est donc depuis sa résidence dans une petite ville américaine de l’Oregon qu’il s’est replongé dans ses souvenirs, grâces à des images retrouvées de son séjour en Afghanistan entre juin et septembre 1960 pour un documentaire (après un sur Venise et plusieurs sur l’Inde) qu’il n’achèvera jamais.

Le film s’avère vite doublement intéressant, dans ce qu’il révèle d’un pays et de son processus d’ouverture qui sera plus tard contrarié (évolution du droit des femmes, douceur de vivre…) et dans ce qu’il donne à voir des aspirations de ce jeune homme pas comme les autres. Débutant en voix-off sur sa première lettre à sa mère, explicitant les raisons « climatiques » de ce voyage, le film revient ensuite régulièrement sur l’autobiographie de Babur, fondateur de l'Empire moghol et constructeur des grands palais indiens de l’époque, comme en une résonance nostalgique avec l’évolution du metteur en scène.

Bercé par la douce musique d’Alexandre Desplat, "Un été afghan" offre ainsi un modeste retour sur une immense carrière, tout en évoquant les enjeux intimes de l’individu, et en se concluant de manière émouvante sur les rencontres clés qui donneront toute l’ampleur à son œuvre. Sa rencontre avec Ismaël Merchant (qui fondera avec lui la société de production Merchant Ivory) et celle avec Ruth Prawer Jhabvala, romancière qui signera ses plus marquants scénarios. Incontestablement le film donne envie d’en savoir plus sur l’homme et de se tourner aussi vers son passé, pour redécouvrir ses longs métrages.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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