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TU VEUX OU TU VEUX PAS

Un film de Tonie Marshall

Euh... il est où, le point d’interrogation ?

Lambert, sex addict repenti, tente de se racheter une conduite en devenant… conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, la situation se complique lorsqu’il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve…

On voulait y croire, déjà pour les promesses d’un affrontement bouillant (dans tous les sens du terme) entre deux des acteurs français bankable les plus sympathiques du moment, ensuite pour la capacité de Tonie Marshall ("Vénus beauté", "France boutique") à pousser la logique d’une telle situation le plus loin possible, enfin pour effacer la déception ressentie devant le récent et particulièrement coincé du cul "Sex Tape". Manque de bol, c’est ce dernier que l’on va s’empresser de reconsidérer en sortant de la projection. Car, plus que jamais, si « comédie » a chez nos amis d’outre-Atlantique une vraie signification en termes de rythme et d’audace (en gros, assumer à fond un concept, aussi osé et émoustillant soit-il), elle n’est en France que le synonyme d’un prétexte pour ramener au final le sujet et les personnages dans le chemin le plus consensuel. Autant faire simple en indiquant que le film de Tonie Marshall n’a strictement rien d’insolent et frise même le foutage de gueule dans son véritable programme.

Pendant une bonne demi-heure, la réalisatrice se contentera donc de filmer la grande Sophie (plus MILF que jamais !) dans des postures aguicheuses qui font clairement leur effet, face à un Patrick Bruel qui surjoue comme rarement il ne l’avait fait, peu avant de ramener le tout à une banale romance à l’eau de rose comme la télévision nous en offre par paquets de douze. On ne citera pas le tube cathodique par hasard, d’ailleurs : en effet, loin de toute notion de rythme et de scénographie qui fait tout le sel d’une bonne comédie (un domaine dans lequel Blake Edwards et Jacques Tati restent les champions olympiques), Tonie Marshall déroule ici une mécanique au rabais, composée de scènes d’un statisme affligeant où s’enchaînent comme des perles les dialogues mal écrits.

Ne restent alors que des éléments sans queue ni tête, dispersés ici et là: un générique à la James Bond, le caméo le plus accessoire de l’année (on ne spoilera pas son identité) et une séquence portnawak sous alcool où Sophie, habituée là-dedans à voir des hommes à poil dès que ses fantasmes la démangent, voit soudain les clients d’un bar transformés en animaux. Grotesque à tous les étages. En tout cas assez de dégâts pour constater le manque de direction précise que la réalisatrice voulait donner à son film, ne serait-ce que sur l’idée d’un postulat trash sur les relations de couple. Hélas, entre jouir et s’abstenir, il fallait choisir. L’absence de point d’interrogation dans le titre (qui fait donc passer ce dernier pour une phrase qui ne veut rien dire) aura vite fait de nous démontrer que Tonie Marshall n’a pas su y arriver.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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