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TRANSFORMERS 2: LA REVANCHE

Un film de Michael Bay

Morceaux recollés

Alors qu'il est sur le point de partir en fac, Sam Witwicky trouve par hasard un morceau de la technologie extra-terrestre détruite deux ans auparavant. Son contact avec les différents ustensiles de la cuisine de ses parents, les rend vivant, provoquant le chaos dans la maison de ses parents. Mais les decepticons ont repéré l'activité d'un autre résidu, secrètement gardé par l'armée...

C'est un peu l'effet que fait le nouveau film de Michael Bay: une impression de gros collage, aussi maladroit globalement que palpitant par moments. Car le scénario laisse sérieusement à désirer, accolant moments de comédie pure, plus tournés cette fois-ci du coté des humains (la mise en valeur des parents, dont la mère pleurnicharde, est assez séduisante mais vire au pathos vers la fin...) que de celui des machines qui parlent, et scènes d'actions dont les motifs ne sont parfois pas des plus convaincants.

Ainsi que penser de la ridicule scène où Sam se précipite au tableau pour prouver qu'Einstein a tort et écrire sous l'effet d'une sorte de transe, de bizarroïdes formules devant un prof improbable, crâneur amusant, qui se transforme subitement en despote inconsistant. C'est comme si certaines pistes avaient été abandonnées en cours de route. La rivale issue des teen-movies, véritable bombe sexuelle, est trop rapidement évacuée, le copain de chambrée, bien vite réduit au statut de faire-valoir cliché latino. Reste la bonne idée du petit robot méchant et injurieux qui se fait torturer par une belle petite amie en colère.

Bien sûr Michael Bay fournit au spectateur son lot d'action, mais la surenchère dans les détails constructifs des engins dessert totalement le film. Dès la scène d'ouverture, la traque de deux robots ennemis à Shanghaï, la multitude de pièces détachées, la proximité des plans, la rapidité des mouvements de caméra impossibles, rend le tout pratiquement indigeste, le spectateur étant incapable de distinguer les amas de formes qui s'offrent à lui. Cette perte de repères est peut-être voulue, mais elle vient troubler la lecture et donc le plaisir pris aux scènes de bataille, qui sont légions dans le film.

Seul finalement l'affrontement au pied ou sur les pyramides impressionne vraiment. Le fameux Devastator, conglomérat de plusieurs engins est non seulement une prouesse technique, mais fascine par son ampleur et ses pouvoirs d'aspirateur géant. Vision de cauchemar, il surpasse largement tous les autres, parfois perdus dans des décors trop élaborés, ou se comportant de manière finalement trop humaine ou guerrière. D'autant que le film sonne tout de même comme une grande publicité pour l'armée, seul rempart contre un gouvernement inconscient du danger, qui voudrait démanteler ses services ! Bref, un film pas vraiment totalement amusant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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