Bagniere comedies_confinement-04

TOUT SCHUSS

… dans la poudreuse !

Max Salinger est un écrivain qui connaît un magnifique succès avec ses derniers livres. Hélas, il est aussi divorcé, et, obsédé par son travail et aveuglé par ses excès, refuse d’accueillir sa fille de 15 ans sous son toit. Pour se venger, elle lui dérobe une clé USB sur laquelle se trouve son dernier roman, et s’en va illico en classe de neige. Max n’a pas d’autre choix que de la rejoindre à la montagne, de s’improviser accompagnateur et de tout tenter pour que sa fille lui rende sa clé USB. Mais elle aussi semble bien déterminée à lui rendre la vie infernale…

Encore une comédie française… Très bien… Une comédie qui commence par une voix off qui, durant plus d’un quart d’heure, passe son temps à paraphraser tout ce que l’on comprend déjà à l’écran, tout en cherchant à nous interpeller par des sarcasmes à la noix… Bon, on garde son calme… Voilà ensuite un José Garcia égal à lui-même lorsqu’on ne le dirige pas (c’est-à-dire en roue libre totale), incarnant ici un écrivain complètement cinglé qui marche en titubant comme un alcoolo en sortie de boîte de nuit et qui débite ses phrases avec la régularité d’un cocaïné en plein trip… Bien sûr, il surjoue comme c’est pas permis… Pfffiou, ça commence bien… Et donc, sur un coup de tête, voilà que sa gamine lui pique son dernier bouquin (comme ça, juste pour le faire chier) avant d’aller en classe de neige (comme ça, juste parce que le scénario l’exige). La piste noire commence, avec tout ce que cela comporte de bosses et de gamelles.

Va-t-on surprendre qui que ce soit en précisant que ce petit pitch à deux centimes n’est qu’un prétexte à nous ressortir le traditionnel conflit entre un père et sa fille, qui vont donc s’engueuler comme des fous avant de se réconcilier autour d’un bon bol de riz cuit ? Voilà pour les enjeux. Du côté des gags (parce que c’est quand même censé être une comédie), on reste dans la valeur sûre, entre les rayons « beauf » et « andouille ». Vu qu’on imagine que les scénaristes ont dû écrire leur scénario après une régurgitation de raclette moisie, tout est ici à base de vomi, de caca, de constipation, de fausse sodomie entre mecs (le coup du quiproquo homophobe a donc encore de beaux jours devant lui) et de dentifrice saveur vinasse-roquefort-chantilly-mayonnaise. En faire des tonnes dans l’outrance pipi-caca quand on ne sait pas quoi raconter d’original est une pratique idiote qui n’a pas fini de perdurer…

Et comme si ça ne suffisait pas pour tutoyer le degré zéro de l’inventivité, sachez que les Polonais sont ici de gros chauves qui picolent en gueulant comme des hooligans, que la traditionnelle scène du gîte en altitude consiste à voir des gamins chanter Antisocial de Trust après avoir bouffé de la fondue (dans "Les Bronzés font du ski", c’était infiniment mieux), que le Requiem de Mozart sert à accompagner la douleur d’un type qui vient tout juste de se taper une sauvageonne aux dents pourries (merci pour les gens du coin, ça leur fera très plaisir…), et qu’il faut pomper le final culte du "Cercle des poètes disparus" pour crédibiliser une scène de pseudo-révolte… Bilan final de la classe de neige : piste narrative non damée, rythme en chasse-neige, et même pas la première étoile en mise en scène. La poudreuse leur tend les bras…

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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