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THE MOUNTAIN, UNE ODYSSÉE AMÉRICAINE

Un film de Rick Alverson

Un film des plus déroutants, qui peine réellement à séduire

Dans les années 50, le Dr. Wallace Fiennes embauche Andy, un jeune homme dont la mère a été internée, comme photographe pour documenter sa méthode controversée de lobotomie. Ils vont ainsi, d’asile en asile, faisant la rencontre, dans une petite ville de montagne, d’un guérisseur français peu conventionnel et de sa fille…

The Mountain, une odyssée américaine film image

Vision d'une mort annoncée, transmission du traumatisme, voyage dans un cerveau malade, "The Mountain", nouveau film de Rick Alverson ("Entertainment") a laissé perplexes bon nombre de spectateurs lors de la dernière Mostra de Venise. Avare en paroles, son personnage principal se pose en observateur du monde qui l'entoure, position obligée de son rôle de photographe, qui va peu à peu dévier, à force de s’identifier aux patients et de voir la répétition de ce qui a potentiellement été vécu par sa mère.

Si l’on peut reconnaître une qualité indéniable à ce film labyrinthique dans son récit, c’est celle de sa mise en scène, aux cadres soignés, qui semble figer le temps et l'espace, usant dès le début du cadre dans le cadre et de contre-jours, et attisant l’intérêt du spectateur par d’étranges points de vue, sur des pas vus de dessous depuis une galerie technique ou sur des couloirs intrigants. Dans des teintes ternes, le réalisateur suit ainsi le parcours d'un jeune homme, dont la mère a été internée, et qui, à la mort de son père devient le photographe d'un éminent psychiatre.

Autour de lui, l’instabilité s’installe (à moins que ce ne soit que la représentation de la sienne), avec notamment un Jeff Goldblum, qui en fait des tonnes en docteur libidineux, ayant potentiellement baisé avec toutes ses patientes, et dont la carrière part en sucette, ou la rencontre avec un Denis Lavant excessif en mari d'une patiente, résolument bourré. Malheureusement, non seulement les acteurs semblent progressivement être en roue libre, mais le scénario, des plus abscons, lorgnant sur une ambiance à la Lynch, est trop tortueux pour convaincre ou créer la moindre émotion.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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