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TERRIBLE JUNGLE

Pour les fans d’humour absurde

Eliott, jeune chercheur en anthropologie, annonce à sa mère, l’envahissante Chantal de Bellabre (anthropologue de renom), qu’il vient d’obtenir une bourse et part plusieurs mois dans la jungle. Il souhaite en effet étudier les Otopis, un mystérieux peuple de l’Amazonie. Mais la rencontre avec ceux-ci va s’avérer surprenante…

Terrible Jungle film

Vincent Dedienne, chroniqueur télé de feu le Petit Journal (remplacé aujourd’hui par Quotidien) et humoriste auteur de One man Show, se retrouve propulsé en rôle principal du premier long métrage de Hugo Benamozig et David Caviglioli. Une gageure qui consistait sans doute ici à exploiter au maximum son personnage de jeune homme faussement naïf et parfaitement cynique, en permanence ancré dans une certaine nervosité. Il s'en sort ainsi plutôt bien en tant qu'acteur, même si son personnage amuse de moins en moins au fil du récit. Mais il se fait clairement voler la vedette par Jonathan Cohen, dans un croustillant rôle de chef de la police locale, dont la bêtise dépasse l’entendement.

"Terrible Jungle" nous conte donc l’histoire de ce jeune homme, vivant dans l’ombre de sa mère, parti à la recherche d’un peuple isolé d’Amazonie et se retrouvant pris au piège entre de peu scrupuleux guides et des chercheurs d’or. Mais l'intérêt du scénario est de prendre à rebrousse poil tout ce qui fait normalement la marque d'un film d'explorateurs, en déroulant un humour particulièrement absurde. De la découverte de la première sauvage (au doux prénom d'Albertine !), aux considérations crasses sur la nature ("tout ce qui vient de la nature c'est de la merde", "les indiens c'est des connards"), en passant par le village (on y mange des chips, les mains pleines de mercure...), tout est ici sujet à gentille parodie.

Mais le film pousse aussi jusqu'à l’absurde, tout autant la vision de l’implantation des étrangers dans la région, pour faire un parallèle avec le monde qui nous entoure (le pillage des richesses, le magasin chinois, la brigade de flics tous sexys et désœuvrés...), que les questions environnementales (les rôles du mercure, de l’amiante, ou de la malbouffe...). Au final, si l'on reste sur notre faim quant au rôle de mère castratrice (Catherine Deneuve) partie à la recherche de son fils, le film devrait en tous cas séduire les aficionados d’humour absurde. Quant à Jonathan Cohen, il devrait élargir son cercle de fans et sans doute s'en tirer avec nomination au César du second rôle.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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