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TARNATION

Un film de Jonathan Caouette

Un récit bouleversant

Renée, la mère de Jonathan, a sombré dans la folie à la suite des traitements de choc que lui ont fait subir ses parents dans sa jeunesse. Le film débute en 2003, lorsque Jonathan apprend qu'elle a fait une overdose de lithium. Il quitte alors New York, où il vit avec son ami David, pour se replonger dans le chaos de son foyer texan. Ce retour aux sources déclenche de douloureux souvenirs…

Présenté à Cannes cette année à la Quinzaine des réalisateurs, le long métrage monté pour 218,32 dollars, s'était fait remarquer par Gus Van Sant au festival hivernal de Sundance, en janvier dernier. Comment rester insensible, devant ce que l'on peut considérer, comme un témoignage thérapeutique ?! Bien sûr, il y a sans conteste la « prouesse financière », mais il y a surtout l'histoire mi-documentaire, mi-fiction de Jonathan Caouette, particulièrement bouleversante. Impossible de s'ennuyer devant cette jeune vie, bien remplie, montée à partir de ses vidéos d'archives (Hi8, VHS) et de deux cents photos de famille. L'originalité du film réside précisément dans l'utilisation de ces supports, d'images évidemment pas parfaitement cadrées, l'essentiel étant leur sincérité.

Depuis son plus jeune âge, le réalisateur/acteur semble fasciné par la caméra, qu'il utilise pour se filmer et aussi pour filmer son entourage. Tarnation est un journal intime que nous livre son propre auteur, avec ses moments de questionnement, ses instants de souffrance et de solitude. Le film nous donne le sentiment que Jonathan, arrivé à trente ans, a voulu exorciser ce passé difficile et douloureux, pour pouvoir tourner la page sur sa vie et celle de sa mère, décédée par overdose de lithium. Cette mort est d'ailleurs, le point de départ de son film. Le spectateur regarde avec une quasi indiscrétion, quelque chose de terriblement personnel : les délires d'une mère que l'on a voulu soigner aux électrochocs, un père absent, un jeune garçon perdu dans ce paysage familial qui essaie de se construire, voire de se reconstruire.

Jonathan Caouette réussit à nous montrer que le matériel et l'argent ne sont rien face à une histoire, et que si l'on a le talent, l'envie, quelque chose d'important à dire, c'est déjà un grand pas sur le chemin de la réalisation…

Alexandra TrepardouxEnvoyer un message au rédacteur

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