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SUBLIMES CREATURES

Quand Harry (Potter) rencontre Twilight

C’est la rentrée des classes dans la petite bourgade de Gatlin, dans le sud des États-Unis, et de terribles rumeurs courrent sur la nouvelle élève, Léna Duchannes. Nièce de Macon Ravenwood, fondateur de la ville, qui vit terré dans une maison qui semble abandonnée, elle s’attire les foudres des citoyens chrétiens bien pensants, qui la suspectent d’être à l’origine de phénomènes paranormaux. Seul Ethan Wate, un élève de sa classe, semble fasciner par la belle brune, qui cache pourtant un terrible secret. En effet, elle est une ensorceleuse et le jour de ses 16 ans, le sort choisira si ses pouvoirs seront maléfiques ou bénéfiques…

Après le cinquième et dernier épisode de la saga des buveurs de sang de « Twilight », les jeunes filles en fleur n’ont pas eu à attendre longtemps pour retrouver sur grand écran une histoire fantastique et terriblement mièvre. On imagine déjà les producteurs en train de se frotter les mains face aux recettes que pourront engendrer les adaptations des 4 tomes des « Lunes » (16 lunes, 17 lunes, 18 lunes et 19 lunes), cette énième love story à la guimauve, pour adolescents mal dans leur peau.

Les deux auteures américaines, Kami Garcia et Margaret Stohl, qui ont pondu les 4 tomes de cette histoire à l’eau de rose, ont surfé sur la vague des bestsellers des 12-15 ans, en mêlant la baguette magique d’Harry Potter et l’impossible – mais possible - amourette de Twilight. On pourrait même dire qu’elles ne se sont pas foulées : comme dans Twilight, deux lycéens tombent amoureux alors que tout les oppose, sauf que dans cette nouvelle interprétation de Romeo et Juliette en Amérique, c’est la fille qui a des pouvoirs surnaturels (Ouf, elles ne peuvent pas être accusées de plagiat !). On les imagine dans leur salon en train de se féliciter de faire revivre le « girl power » des Spice girls, ricanant fièrement de leur originalité...

En cherchant un peu, on peut tout de même trouver quelques bonnes idées dans ces nuages de barbapapa : les décors et les costumes sont assez bien faits, malgré leur caractère excessif (on se croirait dans la maison hantée en carton pâte de Disneyland Paris), les acteurs ‘seniors’ confirmés - Jeremy Irons et Emma Thomson- , jouent bien (on se demande simplement pourquoi ils se sont égarés dans cette production), la belle et jeune héroïne, Alice Englert (fille de Jane Campion) est assez crédible… Mais… ça ne suffit pas à rattraper le vide abyssal du scénario. Si on ajoute à cela, le soit disant BG (beau gosse) – qui selon certains critiques ressemblerait à Leonardo Di Caprio- , dont le regard est inexpressif, la voix ne semble pas encore avoir muée, et qui dispose d’un sex appeal inexistant, « Sublimes créatures » est bon pour égaler (voire surpasser) Twilight dans sa razzia de Razzie awards.

Pour ne pas être complètement négative, « Sublimes créatures » a tout de même un avantage sur la saga « Twilight ». Ici, exit le côté moralisateur des mormons, les héros échangent leur salive dès le premier épisode ! Espérons pour eux qu’ils n’aient pas besoin de se marier pour avoir le droit de goûter au fruit défendu ! Affaire à suivre.

Véronique LopesEnvoyer un message au rédacteur

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