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SOUS LE MÊME TOIT

De l’énergie mais pas assez de folie

Depuis son divorce avec Delphine, Yvan n’arrive pas à joindre les deux bouts. Face à l’indifférence de son ex-femme, le quadragénaire va alors jouer sa dernière carte : faire valoir que 20% de la maison lui appartient. Le début d’une colocation forcée aussi cocasse qu’explosive…

En 1996, Dominique Farrugia passait pour la première fois derrière la caméra avec "Delphine 1, Yvan 0", une histoire d’amour capturée comme une téléréalité et commentée comme un match de foot par les deux journalistes stars de l’époque, Thierry Roland et Jean-Michel Larqué. Pour son septième long-métrage, l’ancien Nul a décidé de retrouver ses personnages, plus précisément les traits de caractère qui les définissaient, pour leur offrir une sorte de suite éloignée, deux caméos faisant le lien entre les deux histoires. Et après des débuts très hésitants, le film ne trouvera jamais son ton, jouant avec la jauge du ridicule sans jamais oser pousser les héros dans leurs derniers retranchements.

Yvan a toujours un plan, mais celui-ci s’avère rarement le bon. Dernièrement, il s’est mis en tête de devenir agent sportif. Sauf que les rentrées d’argent se font rares, et lorsque Delphine décide de divorcer, celui-ci se retrouve à la rue. Il va alors forcer cette dernière à cohabiter avec lui, au prétexte qu’il possède vingt pour cent de leur maison. Avec deux enfants en otage, la collocation forcée tourne rapidement à la catastrophe. Fait sociétal réel, les couples séparés vivant ensemble offraient à "Sous le même toit" un fort potentiel comique. Alors que la thématique avait déjà récemment été traitée sous le prisme dramatique par Joachim Lafosse dans "L’Économie du couple", Farrugia multiplie ici les effets cocasses, usant de la caricature et de situations outrancières sans modération.

Malheureusement, le résultat s’avère être bien trop gentillet pour être véritablement mordant. "Papa ou Maman" ayant déjà débroussaillé les satires de couple, ce vaudeville s’avère rarement acerbe et insuffisamment drôle. La faute à un scénario inégal, qui alterne saynètes amusantes et moments carrément gênants (le gag avec le SDF notamment). Si les seconds rôles masculins apportent une énergie bienvenue à l’ensemble, le métrage manque cruellement de folie, laissant les protagonistes dans un entre-deux où le burlesque ne semble pas véritablement assumé et les vannes pas suffisamment abouties. Si certaines blagues atteignent bien la cible, la mollesse de l’intrigue, la mise en scène peu inspirée et les comédiens pas toujours au top condamnent cette comédie poussive aux oubliettes de l’humour français.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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