avec ou sans moustache

LE SEPTIÈME FILS

Un film de Sergey Bodrov

Bien trop prévisible

Mère Malkin, reine de toutes les sorcières, parvient à s'échapper de sa prison lors du début de la lune de sang. Maître Gregory, le dernier des épouvanteurs, doit alors une fois de plus se dresser contre la montée des forces du mal. Mais cette fois-ci, pour réussir dans sa mission, il devra se faire aider par le dernier des septième fils...

Basé sur la trilogie de livres "L'Épouvanteur" de Joseph Delaney, "Le Septième Fils" suit les aventures de Maître Gregory (Jeff Bridges) et de son apprenti Thomas Ward (Ben Barnes) dans leur quête pour aller affronter Mère Malkin (Julianne Moore). Ils croiseront la route de nombreuses créatures mystiques et notamment celle d'une jeune sorcière (Alicia Vikander) qui charmera le jeune épouvanteur. Si ce scénario vous est familier, c'est normal. Soit vous avez lu les livres, qui sont plutôt plaisants au passage, soit vous avez vu un film fantastique ces quinze dernières années. En effet, l'histoire de ce film est similaire à d'innombrables long-métrages prenant pour protagoniste un jeune à la destinée héroïque s'engageant dans une quête initiatique avec l'aide d'un vieux maître dont la puissance n'a d'égale que la sagesse...

Cela sent donc le rabachage. Et c'est vraiment dommage, car la réalisation est acceptable, le jeu d'acteur est vraisemblable, surtout avec Jeff Bridges, dont le rôle de vieux maître alcoolique et bougon va à ravir, et les effets spéciaux sont plutôt bien faits. Mais pour se démarquer sur le marché bien rempli du fantastique, il faut désormais un scénario jamais vu. Et c'est loin d'être le cas. De plus, le film semble avoir été trop ambitieux. Voulant traiter en 1h42 une histoire bien trop grande et fournie, on a l'impression que le scénario prend des raccourcis bien trop importants. Ainsi, le jeune Thomas Ward devient un expert du combat et terrasse les meilleurs assassins du pays en quelques heures. Même l'histoire d'amour est bien trop cliché, des phrases que l'on pensait tellement usitées que plus personne n'oserait les écrire dans un script se retrouvent dans la bouche des acteurs, qui ne parviennent évidemment pas à les rendre crédibles. Et quant aux scène de combats, là encore, elles ont l'air bâclées. Les chorégraphies n'impressionnent pas du tout, chaque héros combattant un ennemi à la fois et tuant à la fin sa part de l'armée adverse sans être inquiété.

Pourtant avec le charisme des ennemis du récit original, les possibilités étaient nombreuses, entre l'homme au quatre bras dieu des épées, la femme-tigresse ou encore le nécromancien, au final, chacun d'eux tombe comme n'importe quel fantassin. En définitive, le dernier film de Sergey Bodrov (« Le Prisonnier du Caucase », « Mongol »), pourra peut être plaire aux néophytes du genre, mais difficilement à quiconque ayant déjà vu un film fantastique ces dernières années, car "Le Septième Fils" ne tiendra sûrement pas la comparaison...

Quentin ChirolEnvoyer un message au rédacteur

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