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LES SEIGNEURS DE DOGTOWN

Un film humain d’où jailli de manière surprenante, l’émotion

Dans les années 70, une bande d’ados, aficionados de surf, découvre les joies de nouvelles roues ultra performantes pour skateboard. Extrêmement doués, ils seront à l’origine de l’engouement pour ce sport…

Les seigneurs de Dogtown est un film de mecs, mis en scène par une femme, Catherine Hardwicke, réalisatrice du remarqué Thirteen. Car quoi de plus viril et à la limite du ridicule masculin, que le milieu des sports de glisse, aux amitiés et rivalités aussi musclées que bourrées de règles immatures et libertaires. Les codes de ce milieu avaient déjà été épluchés par une autre réalisatrice, Katrin Biogelow, avec son Point Break, ce qui une nouvelle fois le cas ici avec la peinture d’une bande de jeunes, sous l’influence de leurs mentors, passeurs de relais de la culture glisse.

Mais l’aspect le plus intéressant du film, est certainement la dissection du basculement de ce sport, à l’idéal marqué et rebelle (ils allaient surfer en planche à roulette dans les piscines des riches californiens), dans l’univers marchand et donc dans une dimension commerciale. Les personnages dont la ringardise sautera au visage de ceux qui n’affectionnent pas ces milieux, partent alors chacun dans une direction différente, trahissant partiellement au moins leurs idéaux et amitiés de départ. Une trame classique me direz vous. Mais une histoire humaine, qui trouve un dénouement réel et bouleversant, autour du plus fragile des personnages, celui que ses problèmes d’oreille interne rendent vulnérable. La naissance d’un mouvement qui ne sera jamais totalement accaparé par la société de consommation, puisque né dans la rue.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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