Parce qu'on en a jamais assez !

LE SALSIFIS DU BENGALE

Un charmant recueil pas forcément très accessible pour les enfants

Treize poèmes de Robert Desnos mis en image, sous forme de films d'animation, par treize jeunes réalisateurs issus des écoles d'animation françaises. Ce film s’inscrit dans la collection « En sortant de l'école », initiée en 2014 avec des poèmes de Jacques Prévert...

Ce recueil propose donc une mise en images de poèmes de Robert Desnos, parlant d'amour, d'enfance, d'imagination, d'emprisonnement (le zoo...), du trac, de beau temps, de destin, de la différence, de la ville, de la vacuité de la dictature, de la mort du désir, ou encore de la charité. Si les textes sont parfois troublants, il sera bien difficile pour les plus petits, d'en saisir la substance et de s'intéresser au final à autre chose qu'aux qualités graphiques de chacun des courts métrages.

Proposant treize représentations différentes, l'ensemble est néanmoins un plaisir pour la rétine, offrant à la fois des visions fantasmagoriques et des formes animées plus classiques. Vous pourrez ainsi découvrir, dans l'ordre, "Dans un petit bateau", histoire de séduction alliant papier découpé et peinture, "Papier buvard", sur le désir de rester petite fille et ne pas grandir, présentant des bribes de vie en peinture sur fond pastel, "Demi-rêve" voyage nocturne, aux dessins sans contours, usant avec ingénuité de motifs de papiers peints, ou le magnifique "Le Zèbre", avec ses créatures aux contours luminescents, usant de l'aspect rayures jusque dans un captivant décor de forêt.

Suivrons "Bonsoir tout le monde", voyage sous-marin au dessin basique, dans lequel une fille cherche la sérénité symbolisée par une bulle de lumière, "Couplet de la rue Bagnolet" où l'on suit un soleil aux grands bras touchant des personnages aux habits crayonnés, "Il était une feuille" au dessin très géométrique, montrant l'imbrication des échelles, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, "Les quatre sans cou", inventif conte en papier découpé sur quatre hommes ayant choisi de ne pas avoir de tête, ou encore "Paris", balade au pochoir, en noir et blanc, dans une ville où les personnages ne sont que silhouettes.

Enfin, le recueil se terminera par "Couchée", offrant avec ses gros coups de pinceaux, une perception inclinée du monde, avec des nuages qui montent, "Le Salsifis du Bengale" représentant les richesses d'un roi devenu dictateur, en couleur, sur fond blanc, "J'ai tant rêvé de vous", très beau et triste poème au dessin torturé, et "La Grenouille aux souliers percés", au crayon de couleurs et pastels, convoquant toutes sortes d'animaux. Vous l'aurez compris, il y en aura pour tous les goûts, et si "Le Zèbre" et "J'ai tant rêvé de toi" recueillent nos suffrages, votre attention de spectateur se portera peut-être sur d'autres courts constituant ce délicieux recueil de 45 minutes.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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