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SALAM

Avec Diam's...

Dans la bulle de Diam’s

Mélanie Georgiades, alias Diam’s, se raconte, entre dépression, envies de suicide, souffrances et rapport à la religion…

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Elle sort du silence ! Mais Diam’s ne sera jamais présente dans le documentaire, sa vie d’artiste balayée en quelques minutes, aucune de ses chansons en bande-son, et les images d’archives limitées au strict minimum. Car c’est Mélanie Georgiades qui se raconte, celle qui a connu de graves dépressions, des envies suicidaires, un besoin maladif de souffrir pour créer au point de mettre sa santé en danger, celle dont la rencontre avec l’Islam lui a valu les titres des journaux à scandales et une violente polémique. Comment la star du rap pouvait porter le voile ? On lui reprochait de faire l’apologie d’un radicalisme religieux alors qu’elle essayait de se reconstruire dans l’ombre, la foi comme nouveau moteur d’une vie qu’elle avait jusqu’alors beaucoup de mal à affronter. Salam signifie « paix » en arabe, et c’est précisément le sujet de cette production Brut qui connaîtra une sortie exceptionnelle en salles de deux jours (1er et 2 juillet), la paix intérieure qu’a trouvé une femme dans une société où ses moindres faits et gestes étaient scrutés, et donc critiqués.

Si la plume est toujours aiguisée (l’artiste signe trois textes inédits à travers des slams), le film tourne trop à l’hagiographie pour véritablement séduire. Pourtant co-réalisé par Houda Benyamina ("Divines", "The Eddy"), le métrage se transforme progressivement en mauvais reportage Nature et Découvertes, avec de longs plans sur des vagues qui s’abattent sur une plage, des séquences où Diam’s marche dans le sable ou croise des girafes durant un safari, avant de carrément devenir un spot promotionnel pour l’association de l’ancienne musicienne. Pour les quidams qui auraient lu son livre ou écouté l’une de ses nombreuses interviews récentes, "Salam" n’apporte rien de plus, se contentant d’énumérer les mêmes éléments répétés ces dernières années, avec pour différence que ceux-ci soient évoqués directement dans l’intimité de la star.

On ne pourra que regretter ces énormes ficelles, ce mauvais goût esthétique (le coup de plonger Diam’s dans l’obscurité au moment où elle évoque sa face sombre, il fallait oser) et les interventions peu pertinentes de ses proches (sauf si on a une passion pour les portes ouvertes). Mais revoir l’interprète de Marine, Dans ma Bulle ou encore Jeune Demoiselle, fait terriblement plaisir tant son œuvre a marqué le paysage du rap français à une époque où le genre n’était pas encore au goût du grand public. Alors, même si ce documentaire ne rentrera pas dans les annales, la voir heureuse et épanouie aura le mérite de combler les nombreuses personnes qui furent touchées par ses morceaux, et de questionner, en creux, la société française et notre rapport à l’Islam (coucou la polémique sur le burkini).

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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lundi 4 juillet - 10h06

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