SAGE HOMME

Un film de Jennifer Devoldere

Questions de virilité et de persévérance

Étudiant en première année des études de santé, Léopold tâche de réviser son concours tant bien que mal, alors que ses frères et son père regardent le foot à la télé. Terminant 511ème, il échoue à intégrer le cursus de médecine, et ne parvient qu’a avoir une place de Sage Femme. Ayant été classé 250ème lors de sa première tentative, il décide alors de mentir à ses proches, prétendant être en école de médecine…

Sage Homme film movie

"Sage Homme", passé par les festivals de Sarlat et de L’Alpe d’Huez, est une comédie dramatique qui traite avec rythme et humour, un ensemble de sujets non moins sérieux. Détaillant le comportement d’un jeune homme, intégrant contre son grès le cursus de Sage Femme, et espérant profiter de la passerelle qui existe au bout de deux ans avec médecine, le scénario met le doigt sur les a priori que son personnage charrie, autant que ceux autour de lui, dont lui-même craint justement la réaction. Blouse rose au lieu de blanche, métier à dominante féminine, intitulé qui ne l’est pas moins, les rappels de celle qui sera sa tutrice, Nathalie, sont en effet nécessaires. Le rose n’est « pas une atteinte à [sa] virilité » et le nom de Sage femme, vient de la « femme dont on s’occupe », et ne désigne pas le genre de la personne qui pratique.

Fortement documenté sur le fonctionnement de l’hôpital, le film met en avant les tensions auxquelles celui-ci est soumis, et trace des pistes d’adaptations possibles, partant des compétences réelles et loin des contingences de corps, sans pour autant remettre en cause l’attention due au patient et la sécurité de celui-ci. Le jeune Melvin Boomer impressionne dans ce rôle d’un élève pris en étau entre un contexte familial compliqué, un espoir de réussite en partie contrarié, et l’intérêt d’une discipline tournée vers la naissance, qui titille tout de même son humanité. Quant à Karin Viard, elle trouve ici à nouveau un grand rôle, incarnant à la fois l’exigence de sérieux et la bienveillance, avec un personnage dont les éléments de vie privée montrent toute la complexité de ce qui doit être (au moins partiellement) oublié en rentrant au travail.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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