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RONAL LE BARBARE

Une parodie du Seigneur des anneaux, inspirée et puissamment irrévérencieuse

Les barbares ont hérité de la force légendaire de Kron, guerrier ayant terrassé l'ennemi, et versé son sang pour son peuple. Seul le jeune Ronal n'est pas vraiment musclé...

Sortie Directe en DVD et Blu-Ray le 02 novembre 2012

Ce dessin animé danois, présenté en mars dernier au Forum Cartoon movie n'aura finalement pas eu droit à une sortie en salles, le distributeur ayant opté pour un Direct to DVD dont Kev Adams (la série tv « Soda », la voix de Ted dans « Le Lorax ») assurera la promotion avec bagou. Le film avait en tous cas créé la sensation, car à force de voir ses réalisateurs jouer les vikings musclés sans cervelle, et les bandes annonces givrées, la foule avait adhérer sans rechigner à cette parodie du Seigneur des anneaux. Il faut dire qu'outre la confrérie réunissant ici une guerrière, un elfe, un humain et un viking, le film reprend nombre décors de la terre du milieu, alliant jusqu'à plagier certains plans des films de Peter Jackson (l'entrée au Mordor par exemple...).

Bien entendu le point de départ du scénario – un jeune homme moins doué pour la bataille que l'ensemble de sa tribu -, fera forcément pensé au très réussi « Dragons », lui aussi réalisé en 3D. Ici aussi Ronal tentera de sauver son peuple des mains de Volcazar (allusion légère à un certain personnage dont « on ne prononce pas le nom » confronté à un célèbre petit sorcier), et d'agir en héros malgré son aspect chétif. Réjouissante comédie à l'humour au dessous d la ceinture, le film se démarque cependant de ses modèles en privilégiant un humour obsédé et résolument masculin qui réjouira bon nombre d'ados boutonneux.

La mise en place est efficace et drôle, présentant des vikings tous musclés et visiblement très fiers de leur corps, à l'image d'une bande de sportifs en salle de sport. Et le détail fait mouche, des pinces à tétons de celui-là, aux rituels ridicules et pas réellement virils, jusqu'à la femme qui écrase des crânes entre ses seins surpuissants et galbés. Ronal, en contraste, est présenté comme sérieux et voulant bien faire, mais découragé par sa faible stature, qui le rend même incapable de souffler dans une corne lorsque son village sera attaqué. Commence alors sa quête pour retrouver ses frères, qui adopte les codes du récit de fantasy, et livre bon nombre de références.

Ainsi le film prend un tournant parodique affirmé, la confrérie qui se forme peu à peu réunissant: une guerrière nommée Zandra (prénom évoquant un certain jeu vidéo à succès, Zelda), un elfe, Elric, aux tendances sexuelles plus que douteuses, un humain typé geek dénommé Alibert, prêt à tout pour tirer un coup. Des aventures trépidantes les attendent, doublées d'une bonne dose d'humour gras, leur faisant rencontrer des Amazones obsédées (avec Brigit Nielsen en chef de Tribu), des momies trouillardes, et bien d'autres personnages qui n'ont pas grand chose à faire là, mais qui valent leur pesant de cacahouètes. Une réussite graphique et scénaristique, à voir ne serait-ce que pour l'incroyable scène de la potion d'invisibilité. Un moment de bravoure qu'il fallait oser mettre en scène. Des danois l'ont fait.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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