Parce qu'on en a jamais assez !

LA RITOURNELLE

Un film de Marc Fitoussi

L'éternel dilemme

Un couple d'agriculteurs éleveurs de bovins voit son quotidien bouleversé lorsque de jeunes parisiens s'installent dans la maison d'à côté. Sous le charme de l'un d'entre eux, la femme décide sur un coup de tête d'aller passer quelques jours à Paris, prétextant un rendez-vous chez un dermatologue réputé...

Le duo Jean Pierre Darroussin et Isabelle Huppert fait des merveilles en couple désuni, dans la nouvelle fantaisie de Marc Fitoussi, auteur de "Copacabana" et "Pauline détective". Toujours apte à capter au plus juste les émotions et élans de ses personnages, l'auteur nous livre ici le portrait d'une femme en manque d'aventure, tentée par le démon de midi, et rencontrant plusieurs hommes lors d'une escapade parisienne.

Besoin de liberté, nécessité de plaire, recherche d'une sensation de jeunesse, Huppert incarne le trouble d'un personnage qui cherche un second souffle, qui n'a finalement que peu de rapport avec l'amour et la tendresse qu'elle porte à son mari. La plaque d'urticaire ou de psoriasis qu'elle a développée sur le haut de la poitrine, est d'ailleurs une parabole de cette passade, de cette envie fugace d'autre chose, que son mari l'aide à soigner.

Nécessité de contrôler et savoir, incapacité ou non à conjuguer amour et liberté de l'autre, c'est le personnage de Darroussin qui porte ici le fardeaux de la responsabilité et de la possible stabilité. Mais comme le scénario, co-écrit avec Sylvie Dauvillier, n'a heureusement rien de manichéen, comme dans les relations de couple tout n'est jamais tout blanc ou tout noir, en bonne intelligence, c'est avec tact que sont amenées sur la fin les principales révélations, générant au passage les plus belles émotions.

Saisissant les différences de caractères, Fitoussi donne à percevoir les secrets de chacun, ses capacités à se taire ou se fâcher, et sa possibilité d'intégrer l'autre avec ses défauts. Au final, "La ritournelle" est une comédie douce amer, pleine de tendresse et d'humanité, qui si elle ne rassure pas les grands romantiques, a le mérite de respirer le vrai.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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