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RISE

Lucy la vampirette

Sadie est une journaliste un peu trop curieuse qui, lors d’un reportage, approche un mystérieux culte underground qui attire les jeunes branchés de Los Angeles. Lorsqu’elle commence à enquêter sur les meurtres répétés de ces jeunes, Sadie est elle-même victime des assassins : elle se réveille à la morgue, entre la vie et la mort, et soudainement assoiffée de sang frais…

Difficile pour un jeune metteur en scène d’être original lorsqu’il s’attaque de front au pitch le plus usité de tout le cinéma fantastique : c’est l’histoire d’un personnage qui se transforme en vampire… Le bla-bla habituel de ce genre de production pourrait ennuyer même les plus geeks de tous les geeks. Difficile, à l’inverse, de ne pas traiter au moins correctement un sujet battu et rebattu, donc forcément codifié jusqu’à la nausée : il suffit de se placer dans les pas du médiocre prédécesseur, et c’est la quasi-certitude de réaliser au minimum un film regardable.

Mais où était donc Sebastian Gutierrez les trente dernières années ? Impossible à deviner. Par contre, ces cinq ans passés, on sait qu’il était occupé à rédiger les scripts de « Gothika » (premier ratage d’un français aux States : Mathieu Kassovitz) et, plus récemment, de « The Eye » (second ratage de deux français aux States : Palud et Moreau). Voilà bien un CV alourdi par quelques fameuses casseroles.

Gutierrez tente bien de nous servir une bonne soupe, aux ingrédients bien équilibrés, mais la soupe est froide et le contenu pas frais : après un prologue soutenu et quelques belles idées de scénario, la découverte par Sadie de son état vampirique et ses premières manipulations sanglantes dans une église, le réalisateur se contente d’enchaîner des situations surfaites qu’il élague à grands coups d’ellipses et de bruitages tonitruants. La narration, entrecoupée de vains flashbacks au montage hystérique, ne tient jamais la route. Le script ne parvient aucunement à quitter les ornières du déjà-vu-mille-fois.

Quant aux comédiens, si l’idée de confier le rôle principal à Lucy Liu se démarque par son originalité, il est clair qu’une poignée de bonnes idées ne suffit pas à combler les manques de tout un film, malgré la présence inattendue et brève de Robert Forster dans les premières minutes. Pas un ratage, donc ; mieux, à dire vrai, qu’une grande partie des avatars du « film de vampires » ; mais les frasques dentaires de Lucy Liu et de ses copains auraient aussi bien fait la joie d’une soirée télé sur TF1.

Eric NuevoEnvoyer un message au rédacteur

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