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LE RIRE DE MADAME LIN

Un film de Amanda Sthers et Zhang Tao

Un discours intéressant sur la Chine, perdu dans une mise en scène froide pas assez diversifiée

Après une chute, une personne âgée est déclarée inapte par ses enfants. Sauf que l’hospice du coin ne pouvant plus prendre de patients, il leur revient la charge de s’en occuper dans l’attente d’une place. Et ils vont alors balader cette pauvre grand-mère de maisons en maisons, personne ne voulant s’en occuper. Jusqu’à ce que sa santé se dégrade…

Pour son premier long métrage, Zhang Tao nous offre un dépaysement total, une plongée dans la Chine rurale à travers le parcours d’une personne âgée, symbole de la condition des aînés. Cette Madame Lin du titre se retrouve dans une fâcheuse posture après une chute, prétexte que ses enfants ont utilisé pour la déclarer inapte en pensant pouvoir l’envoyer à l’hospice. Dommage pour eux, faute de place, ils vont devoir s’occuper d’elle. La vieille dame est alors baladée de demeures en demeures, de familles en familles, autant d’instantanés d’un récit épileptique dont l’action se déroule grandement au sein de ces bâtisses, en cadre fixe, avec les seuls dialogues comme bribes d’évolution de l’intrigue.

Si cette approche documentaire a le mérite de décontenancer, elle se complait dans une austérité rendant difficilement accessibles les événements décrits, d’autant plus si le contexte politique et sociétal de la Chine contemporaine n’est pas maîtrisé par le spectateur. Plus les séquences s’enchaînent, plus la confusion grandit. Les protagonistes nombreux et vite balayés n’ont pas le temps d’exister pour véritablement intéresser. La construction répétitive oublie l’émotion au fur et à mesure que les saynètes deviennent un seul procédé de surlignage (particulièrement criant dans les dernières minutes). Pire, malgré le talent de son interprète principal, le film en devient même insignifiant…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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