Parce qu'on en a jamais assez !

RIO 2

Un film de Carlos Saldanha

Ryhtmé, coloré et très drôle

Blu, le perroquet ara bleu, et sa compagne ont donc eu trois enfants, qui commencent à grandir, et vivent désormais à Rio. Ils partent aider le couple de chercheurs qui les a recueillis, et qui semblent avoir trouvé, au fin fond de la forêt amazonienne, des traces d’autres spécimen de leur espèce…

Si nous avions été un peu frileux face au premier épisode de "Rio", c'est qu'au delà de l'aspect visuel très réussi, le scénario assurait le minimum syndical, et que l'humour très familial manquait un peu de liberté. Le tir est indéniablement rectifié avec ce second volet, où comme pour le deuxième épisode de "L'Âge de glace", les équipes de Blue Sky semblent avoir disposé de plus de liberté pour délirer et donc assurer le spectacle du point de vue fantaisie et humour délirant, s'adressant tout autant aux enfants qu'adultes, qui ricaneront tout autant les uns que les autres.

"Rio 2" constitue en soi une nouvelle prouesse technique, et l'on se réjouit de voir un film d'animation qui pour une fois choisit de ne pas habiller les animaux. Son réalisme et son niveau de détails sont sidérants, et les choix des couleurs relèvent d'une savante harmonie, composant des véritables feux d'artifice visuels. À cela s'ajoutent quelques numéros musicaux et chorégraphiés sympathiques, alliés à des mouvements de caméras quasi impossibles dans la réalité, et permis ici par l'animation digitale.

Outre ses qualités esthétiques et graphiques, le film dispose de personnages secondaires croustillants, tels le piaf rouge bedonnant et le canari avec capsule de bouteille sur la tête, qui font ici passer un improbable casting au début du film, en vue du carnaval, et organiseront plus tard le même type d'audition délirante au cœur de la jungle. Ils accompagnent le couple d'oiseaux bleus, dans leur voyage plein d'aventures et de rebondissements jusqu'au cœur de l'Amazonie, à la recherche d'un groupe de congénères de la même espèce.

S'ajoutent également leurs poursuivants, toujours à la ramasse : le cacatoès du premier épisode, fan de théâtre et de tragédie, désormais incapable de voler, et ses sbires, une grenouille venimeuse rose fluo, et un fourmilier à la langue multi-usages, qui servira tour à tour de lasso, de corde pour grimper aux troncs d'arbres, de catapulte, ou d'hélice de bateau... Tout un programme !

Le scénario développe sans se fixer de limites des rapports masochistes, un amour impossible ou maudit (la grenouille ne peut pas toucher son grand amour, le cacatoès...), puis des rapports avec un beau père autoritaire, autant de projections délicieuses des comportements humains, qui trouveront un échos chez les adultes. Quant à l'utilisation de la banane que l'on porte à la taille, comme symbole de la ringardise et de la dépendance à l'homme, elle est plutôt bien sentie et rejoint sciemment le thème sous-jacent du retour à la nature et aux racines.

Au final, "Rio 2" constitue un divertissement exaltant pour toute la famille, dont l'humour fait mouche, et le rythme ensorcelle. Un épisode réjouissant qui annonce une saga de longue durée.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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