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RETOUR À SÉOUL

Un film de Davy Chou

Vers une possible paix intérieure

À la réception d’un hôtel de Seoul, Freddie, jeune femme de 25 ans, loue une chambre pour une nuit. En fait, elle a décidé sur un coup de tête, d’aller dans ce pays, la Corée du Sud, où elle est née. Pas vraiment décidée à retrouver sa mère biologique, dont elle a emmené une photo avec elle, elle accepte de dîner avec la réceptionniste et son compagnon…

Retour à Séoul film movie

Davy Chou avait été remarqué avec le coloré "Diamond Island", son deuxième long métrage mais premier long de fiction, du côté de la Semaine de la critique. Passé cette année par Un certain regard, son "Retour à Séoul" fait le portrait d’une jeune femme divisée entre deux pays, élevée en France mais née en Corée du Sud, qui semble hésiter à se lancer dans une quête de ses racines, qu’elle sait probablement douloureuse. L’auteur sait rendre palpable, dès le début, la complexité de son personnage principal, remarquablement interprété par Park Ji-min, bercée d’une culture occidentale qu’elle semble vouloir confronter avec liberté avec celle qu’elle découvre, ceci avec curiosité. La scène du restaurant, où malgré l’indication « c’est à l’hôte de te servir à boire », elle se permet de faire le lien entre plusieurs tables, regroupant autour d’elle diverses personnes, curieuses de faire sa connaissance, est en cela presque fondatrice du personnage.

Décortiquant avec tact son parcours d’enfant adoptée (elle fait partie des 230 000 enfants envoyés à l’étranger en quelques années), afin d’entrer en contact avec ses parents biologiques, elle se retrouvera confrontées à deux attitudes opposées, qui ne peuvent qu’ajouter à sa propre confusion. Intelligemment construit en trois parties, aux ambiances distinctes, séparées par des ellipses de 2ans, puis 5 ans, le scénario s’intéresse avant tout à l’évolution de Freddie, ses blessures non avouées, sa froideur sous des allures avenantes, sa cruauté affective envers les hommes croisés, vers une possible paix intérieure. L’émotion affleure en de nombreux moments, grâce à une mise en scène qui joue l’alternance entre distance et proximité, et l’ensemble laisse un goût doux-amer des plus persistants.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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