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THE REAL ESTATE

Beaucoup de bruit pour peu de fond

À la mort de son père, Nojet, 68 ans, hérite d'un immeuble de Stockholm, géré par son frère mutique et le fils de celui-ci. Mais en discutant avec certains locataires, elle s'aperçoit que les contrats des occupants du septième étage ne sont pas vraiment en règles...

Tout au long de "The real estate", les Suédois Axel Petersén et Måns Månsson tentent de provoquer chez le spectateur un malaise proche de celui de leur personnage principal, une femme âgée tentant de faire valoir ses droits de propriétaire. Filmant en très gros plan, comme s'ils tentaient de nous faire pénétrer à l'intérieur de leurs personnages, ils se concentrent sur les visages torturés, les regards agars ou nerveux, comme pour mieux signifier la pourriture qui les ronge, chacun à leur manière. Plantant leur propos dès la première scène, une discussion chez le coiffeur stigmatisant les prix démentiels atteints par le marché de l'immobilier, l'auteur va lancer son personnage dans une croisade, d'abord aux apparences justicière mais finalement symptomatique d'un individualisme galopant.

Utilisant de nombreux effets sonores, quelques plongées dans des morceaux aux basses oppressantes, ainsi qu'une caméra portée, les metteur en scène tentent de nous faire ressentir le malaise, l'agacement, puis la peur paranoïaque que peut éprouver le personnage central. Suggérant le développement d'une certaine folie, la dernière partie regorge de contre-jours rendant le film de moins en moins lisible, le scénario se dirigeant vers un final qui laisse plus que perplexe. De ce qui aurait pu être un brûlot contre la gestion immobilière en Suède, il ne reste qu'une approche quasi expérimentale plutôt usante à la longue.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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