banniere-reflets-2019-2

READY PLAYER ONE

Un film de Steven Spielberg

La magie Spielberg à son paroxisme

En 2045, la plupart des gens vivent au travers d’un univers virtuel, l’OASIS, dans lequel chacun peut être qui il veut, gagner de l’argent, voyager d’un monde à un autre… Avant de disparaître, son créateur, James Halliday, génie de l’informatique, a créé une compétition en 3 étapes permettant au gagnant d’hériter de son œuvre. En retrouvant 3 clés, les joueurs pourront accéder à un œuf magique et ainsi prendre le contrôle de cet univers. Mais depuis 5 ans personne n’a réussi à relever ce défi ne serait-ce qu’en découvrant la première clé. Vivant dans un village vertical de caravane, le jeune Wade Watts, 18 ans, décide de participer à la course qui constitue la première épreuve…

Comment aborder un film d’une ampleur de ce "Ready Player One", nouvelle œuvre tentaculaire d’un Steven Spielberg aussi inspiré sur le fond que visuellement ? Comme tous les trois ou quatre ans, le créateur d’ "E.T." et auteur de "La liste de Schindler", nous aura livré cette année un film sérieux, à Oscars ("Pentagon Papers", pas le plus passionnant de ses films politiques), et un blockbuster à sensations fortes, le présent et passionnant "Ready Player One", qui n’est finalement pas lui non plus, exempt de dimensions politiques. En effet, au travers de cette histoire à la structure de jeu vidéo (on avance d’épreuve en épreuve, avec chacune ses pièges et ses secrets), adapté du roman à succès de Ernest Cline (2011), c’est à la fois la question de la propriété intellectuelle, celle des dangers de l’anonymat internet, celle de l’endettement généralisé, tout autant que la thématique de l’influence généralisée de l’informatique (réalité virtuelle, surveillance et traçage des citoyens, addiction aux nouvelles technologies…) qui sont savamment exploitées.

L’introduction du film, foisonnante de représentations de mondes divers, est en soi un vrai voyage qui permet de calmer d’emblée les expectations du spectateur en le noyant sous un flot de représentations imaginaires. De quoi le mettre en appétit et lui permettre de plonger dans un monde plus réaliste au départ, entre bidonville vertical fait de mobile-homes empilés (le back-ground réel du jeune héros) et course en milieu urbain. Au fil d’un récit mettant en conflit un groupe de joueur et une société avide de profits (IOI), adultes comme adolescents trouveront ici leur compte, à la fois par la qualité des les nombreuses références faites aussi bien aux jeux actuels qu’à la pop culture (principalement années 80), en terme de cinéma (Alien, Shining, Chucky, Godzilla, Le géant de fer…), de séries télé (les lunettes de Clark Kent…), de jeux vidéo (Donkey Kong, Doom, les jeux Atari…) ou encore de musique (les tenues vestimentaires de Duran Duran, Modern talking, ou des morceaux comme « Jump » de Van Allen qui ouvre le film, ou encore « Stayong Alive »…).

Au cœur de ce vrai plaisir de cinéma, le jeune Tye Sheridan, 21 ans, découvert dans "Mud" en 2012, et vu depuis en jeune Cyclope dans "X-Men : apocalypse" se débrouille plutôt bien, cristallisation autour de lui les enjeux dramatiques mais aussi romantiques. Plein de surprises, "Ready Player One" nous offre des scènes époustouflantes (la course en voitures, la viré en planète boite de nuit, l’assaut final, la plongée dans Shining…) provoquant angoisses et vertige. Il est autant un plaisir pour les yeux, un stimulant pour les sens, qu’un véritable et fascinant film d’aventure. Un grand film bien au-delà du simple blockbuster.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire