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PUR SANG

Un film de Gary Ross

Une épopée réussie

Durant les années de grande dépression, les destins d'un riche industriel, d'un cow-boy sur le retour et d'un jeune orphelin vont croiser celui d'un cheval mal fichu (Seabiscuit), qui deviendra l'un des meilleurs cheval de course de tous les temps...

Passionnant, malgré quelques longueurs le film de Gary Ross se divise clairement en deux parties. Pour les personnages comme le spectateur, il y a l'avant et l'après la rencontre avec le cheval. Le choix de narrer dans un premier temps les destins parallèles de trois victimes de la société, de trois symboles de l'échec, confère au début du film quelques longueurs, tout en générant à la fois quelques frustrations tant sont foisonnants les passés de ces hommes. On s'étonne presque alors que le réalisateur n'ait pas choisi de démarrer directement avec le cheval, et de nous conter en flash-back, les divers passifs et autres trauma de ses héros.

Mais cette deuxième partie est d'une efficacité redoutable, qu'il s'agisse des rebondissements auxquels on ne croirait pas s'il ne s'agissait d'une histoire vraie, ou des scènes de course, caméra bringuebalante, filmées au plus près des visages des jockeys. Bien sûr, les scénaristes poussent un peu trop le parallèle entre cheval et homme, au niveau des périodes de convalescence, mais les blessures de l'âme des deux laissés pour compte qu'interprètent avec brio un Tobey Maguire (Spiderman, L'ouvre de Dieu la part du diable) moins douceâtre qu'à l'habitude, et surtout l'un des meilleurs acteurs du moment, Chris Cooper, bouleversant dans ses moindres regards, donnent à elles seules toutes sa dimension à cette histoire très actuelle.

Cette histoire d'un cheval du peuple, aux handicaps plus nombreux que les atouts, et souhaitant se frotter aux gros bonnets, aux Pur Sangs, trouve forcément un échos aux USA en ces temps de difficultés économiques. D'où le gros succès de ce film aux USA, à la fois sorte de symbole social, et premier véritable candidat calibré Oscars. L'accomplissement de soi, l'existence d'une deuxième chance pour tout le monde, la considération des plus faibles, sont autant de thèmes qui font de ce film à la photographie superbe, une œuvre à résonance universelle.

Peu connu en France, le cheval en question (Seabiscuit), saura, espérons le, trouver son public et toucher au cœur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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