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PENSE À MOI

Un film de Cécile Lateule

Un essai qui pâtit de son format vidéo et d'un aspect catalogue

Dans une communauté Emmaüs, des hommes et des femmes venus d’Albanie, de Tchétchénie, du Maroc, de Géorgie, de Mongolie, d’Afghanistan trient les dons, rassemblent les éléments recyclables, s’engagent dans des chantiers, racontant au passage leur exil ou leurs souvenirs…

Pas facile de s'immerger dans le documentaire "Pense à moi", qui ne décrit le quotidien d'une communauté Emmaüs que par petites bribes, sans vraiment relier le tout, ni par un discours, ni par un point de vue sur la solidarité entre membres. Choisissant de montrer d'abord une sorte de chaos dans lequel semblent évoluer ses personnages (une parabole probable de la situation du monde, qui les amenés ici), Cécile Lateule filme des individus qui racontent leur déracinement et leur isolement au travers de lettres déclamées avec distance ou émotions, dans des situations d'une apparente banalité (une machine à laver qu'on démarre, des livres qu'on trie, un rap que l'on écoute...).

L'image vidéo agace vite, rabaissant l'ambition du métrage, qui reste à l'état d'essai semi-poétique cherchant à créer l'émotion par des évocations successives du manque d'un être (un fils, une fille, une mère...), des moments ratés, de la difficulté du départ ou du voyage... L'émotion reste désespérément à l'écart, les amitiés qui se créent ou les solidarités étant à peine abordées. Reste cependant une image, entre tous ces adultes marqués par leur exil, celle d'enfants, qui eux, malgré le chaos des lieux, continuent à jouer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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