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LA PASSION DU CHRIST

Un film de Mel Gibson

Car ceci est son sang !!

Les 12 dernières heures de la vie du christ nous sont contées, entre la trahison de judas, son arrestation par les gardiens du temple et tout son supplice jusqu'à sa crucifixion et sa résurrection…

Ce film, qui déchaîna la critique bien avant sa sortie, retrace une partie de l'histoire relativement connue de Jésus Christ et de ses apôtres. Bien sûr, il faut savoir que le réalisateur se base sur une interprétation particulière d'une des nombreuses églises évangélistes américaines. Et c'est certainement là que le bas blesse. Car en aucun cas un vrai travail d'historien ne nous est proposé, car il s'agit plutôt d'une vision très ( trop ? ) partisane de la souffrance du christ. Comme si le réalisateur visait à nous faire partager par empathie cette tragique histoire !

Mais cherchant à l'imposer, il noie son film dans une violence parfois outrancière, et souvent trop longue et trop exposée. Certes à l'époque, ce n'était pas des tendres, et les sévices physiques étaient légions sur les condamnés. Mais de vouloir à tout pris nous imposer au cours de deux longues heures, cette souffrance, nous fait passer d'un sentiment d'horreur à une certaine indifférence polie. Ce qui certainement a l'effet inverse de celui escompté.

Dommage, car le film de Mel Gibson regorge de beaux moments, notamment le début où le personnage de Jésus, au milieu des oliviers, au crépuscule, attend un signe de Dieu et les gardiens du temple venant l'arrêter. Le personnage de Marie - Madeleine, interprété par Monica Belluci, est très attachant et forcément « pleine de grâce ». Quant à Jim Cazaviel, dans le rôle de Jésus, transpirent à l'écran sa souffrance et parfois ses doutes envers ce qu'il endure. Les décors, costumes et autres visuels apportent la touche réaliste à ce film, surtout que le point qui en rebutera certain, la langue d'expression, conforte encore cette impression. D'ailleurs pour la première fois au cinéma des personnages vont s'exprimer en araméen, en latin et en hébreu.

Tout concoure à renforcer l'imprégnation du spectateur dans cette époque révolue. En fin de compte le dernier point, celui qui a le plus provoqué de remous, le soi-disant antisémitisme du film, reste un mystère. Car certes les prêtres du temple ne sont pas montrés sous leurs meilleurs jours, mais en aucun cas on ne retrouve une charge continue et vindicative contre les juifs. Ce remue ménage autour de cette vision réductrice du film, ne fit partie très certainement que d'un fabuleux plan marketing, augmentant la couverture médiatique du film, sans pour autant coûter un sou à ses producteurs ( surtout que ce type de campagnes publicitaires coûte plus cher que le film lui-même).

Finalement ce film présente des attraits visuels et narratifs, avec une interprétation au diapason, mais sa violence outrancière et appuyée le rendent long, trop long. Le propos captive, mais n'enflamme jamais, comme si seul l'image comptant, le réalisateur en avait oublié ses écrits.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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