Parce qu'on en a jamais assez !

PARKLAND

Un film de Peter Landesman

Dommages collatéraux

Le 22 novembre 1963, les habitants de Dallas, au Texas, se préparent à assister à la parade du Président américain John Fitzgerald Kennedy. A l'hôpital Parkland, personne ne s'attend à voir arriver, une heure après son atterrissage, le corps du président grièvement blessé...

Peter Landesman nous propose une nouvelle approche de l'assassinat de J.F. Kennedy. Ne s'intéressant pas à un éventuel complot, il laisse totalement de côté les motivations de l'assassinat, pour mieux s'intéresser aux conséquences de cet événement sur les personnes qui lui sont indirectement liées. Parmi eux il y a Abraham Zapruder, reporter qui a filmé la scène en direct et continué de tourner malgré la violence du moment, Robert Oswald, le frère du tireur et sa mère indigne, ou encore un enquêteur du FBI qui tenait déjà un dossier sur Lee Harvey Oswald avant qu'il ne soit accusé du tir fatal...

Si l'on questionnera l'utilisation forcenée de la caméra à l'épaule et de zooms soudains, visant a traduire l'agitation autour du blessé ou la précipitation du rapatriement du corps, la facture reste assez illustrative pour un film indépendant américain. Le montage a de plus la bonne idée d'éluder les images du tir, ultra connues, que ce soit lors de la reconstitution de la prise de vue, ou lors de leur projection une fois ces images développées.

Avec un certain tact, volontairement paradoxal du fait de la panique provoquée, le scénario évoque le bouleversement de vies toutes simples, du frère du tireur incrédule et partagé entre instinct protecteur et poids du déshonneur sur son nom, à Zapruder, accablé par le trésor qu'il a en sa possession, s'interrogeant sur le devoir de diffusion des images, qui pourrait être perçu comme un signe de cupidité mais qu'il ressent comme un hommage essentiel. Malheureusement, les personnages de la mère obsédée par la célébrité soudaine, de l'enquêteur harcelé par ses supérieurs pour avoir négligé la menace représentée par Oswald, et celui du jeune médecin, sont à peine esquissés. Autant d'imperfections et d'imprécisions qui laissent la sensation que "Parkland" n'est qu'une production indépendante de petite envergure, alors qu'il aurait pu être un film choral d'une toute autre ampleur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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