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PACHAMAMA

Un film de Juan Antin

Graphiquement sublime

Dans son village, le jeune Tepulpaï, dérobe une plume au légendaire condor. Rêvant de devenir Chaman, il va partir, en compagnie de Naïra, d’un lama et de leur ami tapir, à la recherche de la Huaca, totem protecteur de leur village, volé par les Incas...

Disons le tout de suite, "Pachamama" est un délice visuel et sonore. Offrant ainsi un dépaysement assuré, ce film d’animation français réalisé par un Argentin devrait ainsi séduire petits comme grands amateurs, ceci malgré un scénario un rien en dessous des espérances suscitées. Ici tout est formidablement stylisé, conférant aux décors et personnages, une beauté irréelle. La nature, avec ombres et reliefs, adopte de drôles de motifs géométriques (un peu comme chez Tom Moore, auteur de Brendan et le secret de Kells ou Le chant de la mer, même si de manière moins régulière ici). Des ondes sur l’eau aux flammes triangulaires, en passant par des cactus anguleux, des cieux ou nuages ornés de spirales, ou une lune en forme de visage orné de plumes, tout est sujet à rêverie.

Côté personnages, les visages sont eux aussi stylisés, avec le nez dans la continuité des sourcils. Les incas ont des visages rectangulaires, alors que les serpents ont la tête en triangle. Jouant à fond la carte des légendes et malédictions, le scénario de "Pachamama" déçoit cependant quelque peu, même s’il est bourré de rebondissements. Sous forme de périple au travers des Andes, il permet certes de découvrir des peuples et les dangers qui menacent leurs traditions, mais malgré quelques visions poétiques et un indéniable message écolo, ne trouve pas complètement son rythme. Loin de l’épopée que constituait la série "Les mystérieuses cités d’or" (certes développée sur près de 52 épisodes rien que pour la première saison), le film passe trop vite sur le contemplatif sans parvenir à trouver un réel souffle épique. Restent la beauté des dessins et celle d’une bande son signée Pierre Hamon, qui a pour l’occasion ressuscité des instruments traditionnels hallucinants. Faute d’une aventure extraordinaire, on peut savourer l’esthétique visuelle et sonore.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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