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PA-RA-DA

Un film de Marco Pontecorvo

Un film aussi rude que généreux

Un jeune homme, féru de cirque, arrive en Roumanie pour aider une ONG. Il va s'occuper d'enfants, vivants dans les égouts, à proximité de la gare...

Ce fut la vraie surprise du Festival de Venise 2008, où il était présenté dans la section Horizons. « Pa-ra-da » est un film franco-italien, situé en Roumanie et dont la vedette n'est autre... qu'un acteur français: Jalil Lespert. Dans ce rôle de clown au grand coeur qui tente de sortir de la misère des « enfants des égouts » vivant dans la crasse, entre vol, racket et respiration excessive de peinture, le héros découvert dans « Bella Ciao » et sutout « Ressources humaines » et devenu depuis réalisateur de « 24 mesures », excelle de malice, de droiture et de volonté effrontée.

La description de la situation en Roumanie est effrayante, le réalisateur montrant comment les jeux des enfants des rues virent rapidement à des confrontations violentes, du fait de la présence d'autres enjeux - la faim, l'argent... - et à quel point leurs conditions de vies sont inacceptables pour un occidental Mais la combativité du personnage, comme des organisations basées sur place, désireux d'améliorer la situation, se révèlent des plus positive. On est loin du défaitisme des Dardenne, mais également de l'humour de Loach. Ici seule l'émotion affleure, au travers de la révolte de Lespert, trublion qui ne peut que se mettre à dos à la fois la police et les mafieux locaux.

Mais ce sont surtout les regards de ces enfants qui semblent entrevoir une possibilité de vie, d'avenir, loin des codes des adultes qu'ils s'évertuent à reproduire vainement, que le film devient saisissant. Si la mise en scène n'a rien d'exceptionnel, elle nous plonge néanmoins dans les derniers recoins d'une humanité égarée. Et les dernières images du film, mettant en avant la véritable association « Pa-ra-da », enseignant aux enfants les rudiments des arts du cirque, ne font que légitimer une action là-bas porteuse d'espoir et ici porteuse de leçons.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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