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LES OUBLIÉS

Un film de Martin Zandvliet

Âpre et lumineux

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de jeunes soldats allemands sont gardés prisonniers. Encadrés par un sergent parlant leur langue, ils sont chargés de débarrasser chacune des plages des mines posées par leur armée…

Abordant une page méconnue de l'après guerre, "Les oubliés" détaille sous un angle inattendu, en inversant le rapport entre bourreaux et victimes, les questions de vengeance, de compassion, et finalement d'humanité, montrant une nouvelle fois que même en les pires moments, l'espoir peut renaître, et l'être humain est capable de faire des projets. Par la jeunesse des soldats qui sont au centre du récit, questionnant ainsi leur part d'innocence, comme celle, perdue, des Danois et des alliés, le scénario réussit à rendre troublant la relation de chacun à une hiérarchie aveugle et la tentation de se comporter comme ses tortionnaires.

Jouant sur la luminosité des lieux et la beauté des paysages dunaires, inspirant forcément un sentiment de liberté, ici à la fois si proche et si lointaine, Martin Zandvliet permet au spectateur, dont les nerfs sont pourtant mis à rude épreuve, d'oublier quelques instants, comme les personnages, la dangerosité de l'endroit. Dessinant un implacable destin (sur 2000 soldats retenus, 50% seront finalement morts sur place) tout comme il esquisse une renaissance de l'humain, le film, découvert l'an dernier au Festival du film européen de Meyzieu, s'est fort justement retrouvé nommé en 2017 à l'Oscar du meilleur film étranger.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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