Parce qu'on en a jamais assez !

O KA

Un documentaire nécessaire et intéressant plombé par un montage raté

« Notre maison », c’est celle de Souleymane Cissé, celle d’une famille qui s’est vue chasser de sa demeure en dépit de la loi et du bon sens, c’est aussi celle d’un pays gangréné par l’islamisme radical et perdu dans des conflits incessants…

Souleymane Cissé est un homme militant, un cinéaste engagé qui brandit sa caméra face aux injustices et inégalités de son Mali natal, et plus largement du continent africain. Il revient aujourd’hui avec un documentaire intime : la chronique judiciaire ayant entouré l’acte de propriété d’une maison, celle de sa famille, celle où il a grandi. Mais cette petite histoire ne sera qu’un miroir de la grande, un reflet dans lequel vont s’exposer tous les maux d’un pays gangréné par l’islamisme radical et brisé par des guerres interminables.

Une voix-off, grave et solennelle, nous aide à trouver nos repères sur ces sols arides, pointant les incohérences d’une situation juridique qui aurait été expédiée en quelques minutes devant les tribunaux français. La famille Cissé a ainsi été expulsée manu militari d’une maison revendiquée par une autre famille au titre d’un acte de propriété reconnu comme faux. La situation est grotesque et serait presque ridicule si elle n’interrogeait pas autant sur la possibilité de l’existence d’une véritable justice impartiale dans un pays qui voit ses enfants mourir pour des idéaux anachroniques.

Toutefois, le réalisateur le dit lui-même, il ne s’agit pas de se lamenter sur son sort mais de transformer ce postulat en un moyen pour raconter ce Mali qu’il aime tant. L’ambition est alors grande, le cinéaste cherchant aussi bien à s’interroger sur les rôles des anciens et l’héritage à transmettre que sur les différentes manières de lutter contre l’islamisme radical et les extrémismes. Malheureusement, si l’entreprise est évidemment louable, le documentaire se perd avec ses plans surexposés et un gros problème de montage. Malgré la réflexion initiée, l’objet cinématographique voit son rythme faiblir irrémédiablement jusqu’à nous détourner de son propos. Ce qu’on ne peut que regretter…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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