Parce qu'on en a jamais assez !

NOUVELLE GÉNÉRATION

Pas forcément innovant, mais efficace et sans fausse note

Depuis que son père a quitté le foyer familial, Mai a grandi dans la rage et la solitude. Contrairement à sa mère, qui a compensé en devenant une fan hystérique des robots qui envahissent le quotidien, Mai ne supporte pas cette dépendance croissante de la société à ces technologies. Pourtant, après un concours de circonstances, un robot hors du commun va tout changer…

Sortie sur Netflix le 7 septembre 2018

Une impression de déjà-vu plane souvent sur ce film d’animation sino-canadien, énième variation sur l’adolescence marginalisée qui se révèle et s’ouvre progressivement. Comment ne pas penser à l’amitié enfant-robot du "Géant de fer" ? Comment ne pas faire un parallèle entre les hilarantes traductions des aboiements du chien Momo et celles du célèbre Doug de "Là-haut" ? Comment ne pas comparer aussi avec "Là-haut" ce générique de début qui résume efficacement les années qui passent ? Il est également facile de confronter "Nouvelle Génération" et "Les Nouveaux Héros". On pourrait allonger cette liste, car le scénario, qui adapte une BD en ligne chinoise, reprend de nombreuses recettes déjà connues.

Pourtant, le plaisir est au rendez-vous car tout fonctionne à merveille, dans un univers futuriste esthétiquement réussi. L’humour est omniprésent et parfois décalé, notamment grâce au chien donc, mais aussi aux robots, qui font preuve tantôt d’un enthousiasme excessif (l’emballage de soupe qui se jette lui-même à la poubelle, le portillon du jardin qui se montre démesurément content d’accueillir un visiteur…), tantôt d’une forme de fatalisme pince-sans-rire digne de Droopy. Le film développe aussi une véritable tendresse dans la relation entre Mai et son ami robot, et n’oublie pas non plus de nous adresser une certaine critique (certes soft) de la société de consommation, à travers cette société sur-technologisée où le personnage de Justin Pin, gourou cool au physique longiligne, est clairement inspiré par Steve Jobs. Enfin, saluons le choix d’une héroïne qui envoie de grands coups de pied dans les stéréotypes de genre.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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