NOS PIRES VOISINS 2

Un film de Nicholas Stoller

Ça reste drôle, mais…

Après s’être débarrassés d’une fraternité d’étudiants déchaînés, Mac et Kelly Radner pensent enfin avoir la paix. Ils attendent leur deuxième enfant et s’apprêtent à déménager dans un joli pavillon de banlieue. Il ne leur reste plus qu’à vendre leur ancienne maison. Alors que leur rêve est sur le point de se concrétiser, un groupe d’étudiantes s’installe dans la maison juste à côté. Et c’est reparti pour un tour ! Avec l’aide de Teddy, leur ancien ennemi juré, les Radner vont tout tenter pour se débarrasser de cette nouvelle menace qui pèse sur leur rêve de vie de famille parfaite…

Après le succès de "Nos pires voisins", il n’y avait rien de surprenant à ce qu’une suite sorte sur nos écrans. La recette reste plus ou moins la même : Mac et Kelly, couple de trentenaires fumeurs de joints, voient une bande d’étudiantes s’installer juste à côté de la maison où ils vivent avec leur fille. La principale différence étant que, cette fois, ce ne sont pas des voisins mais des voisines qui leur pourrissent la vie.

On se dit que cela ne devrait pas fondamentalement changer le film, et pourtant… Nicholas Stoller a semble-t-il décidé de donner à son long métrage un léger côté féministe. Il ne s’agit plus seulement d’étudiants qui veulent faire la fête. Cette fois, ce sont des jeunes filles qui créent leur sororité en marge de l'université, pour échapper à l'autorité sexiste de cette institution. Car la faculté interdit aux filles d'organiser elles-mêmes des fêtes, les obligeant à se rabattre sur les soirées des fraternités.

Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas ajouter une petite touche d’engagement dans ce film ? Sauf que ce n’est pas dans ce genre de comédies à l'américaine que l’on s'attaque à ces sujets de société. La juxtaposition de scènes de « fan service » – on pense notamment au car wash sexy improvisé devant la maison de Mac et Kelly – avec la rébellion de ces jeunes filles contre le système crée une dissonance plutôt dérangeante. On n’attend pas d’un tel film qu’il prenne position (même si, bien évidemment, il n’a jamais été question pour Stoller de faire un « film engagé »), on attend surtout de lui la promesse d’une succession de blagues et de gags agrémentés de quelques fêtes épiques !

Cependant, ce côté légèrement plus sérieux que l’on retrouve dans "Nos pires voisins 2" par rapport au premier opus peut s’expliquer. En effet, selon Seth Rogen, « le premier film s’intéressait au refus de grandir et au désir de continuer à s’amuser et à être immature. Dans cette suite, Mac et Kelly ont accepté qu’ils étaient adultes […] » D’où, sous-entendu, des sujets plus matures. Une explication qui peut s’entendre, mais qui reste tout de même en forte contradiction avec l’esprit du genre. D’autant plus que l’heure et demie que dure le film est rythmée de bon vieux gags bien débiles.

C’est d’ailleurs sympa de retrouver quelques clins d’œil au premier opus, comme la blague des airbags par exemple. Le film est drôle et, en cela, il remplit sa mission. Mais même si on ne peut décemment pas critiquer un réalisateur qui tente d’apporter un peu de profondeur à son long métrage, on remarque qu’ici, le fond du propos vient parasiter le côté comique en nous empêchant de totalement débrancher notre cerveau. D’autant que le sexisme des universités américaines n’est pas le seul sujet « sérieux » abordé. On retrouve également des « questionnements » sur l’homosexualité via une seconde ligne narrative liée à Zac Efron et Dave Franco, mais on vous laissera découvrir tout ça par vous-même.

Finalement, on a presque le sentiment que "Nos pires voisins 2" n’assume pas son statut de comédie sans prétention intellectuelle. On a l’impression que le film cherche à se donner un genre en abordant de manière superficielle et manichéenne, des sujets sociétaux faisant l’actualité. Ce deuxième opus restera donc comme une suite moyenne qui n’aura pas su capitaliser sur les bonnes recettes qui avaient fait le succès du premier.

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

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