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NORTHWEST

Un film de Michael Noer

Va, vis et survis !

Casper est une petite racaille d’une banlieue de Copenhague, qui multiplie les vols sans pour autant tomber dans la violence. Mais l’appât du gain est plus fort, et le besoin de fric pour permettre à sa famille de vivre correctement le pousse à tomber dans les méandres du crime organisé. Entraînant son frère dans sa chute, il se retrouve vite dans une situation de non-retour où sa vie est en péril…

"Northwest" n’est pas un biopic sur la fille de Kanye West, mais une chronique sociale sur des banlieusards de Copenhague qui ont grandi dans la misère et qui comptent bien s’en sortir en multipliant les délits. Casper fait partie de ceux-là, des petits gars qui multiplient les combines pour joindre les deux bouts. Avec sa mère, son frère et sa sœur sur le dos, l’argent devient vite un problème, et pour répondre à ses besoins, le jeune homme embarque son cadet dans la spirale infernale du crime organisé et de la prostitution. D’une intensité crescendo, le film nous transporte dans les méandres de ce quartier, là où les règlements de compte sont plus fréquents que les discussions.

Thriller viril et efficace, le métrage est aussi un drame familial poignant porté par deux excellents comédiens. La relation qui unit ces deux frères est ainsi la véritable force du film, l’évolution de ces personnages introvertis étant capturée à la perfection par la caméra. D’une brutalité sans artifice, le réalisateur a choisi, avec succès, une approche naturaliste qui donne un moteur émotionnel réaliste à la descente aux enfers à laquelle le spectateur assiste. Fable très sombre, "Northwest" nous prend à la gorge, nous remue les tripes, car il n’oublie jamais sa dimension humaniste, nous plaçant au plus près des êtres

Sur un rythme soutenu, les péripéties s’enchaînent et enferment progressivement les deux protagonistes dans une situation des plus inquiétantes. Caméra à l’épaule, Noer, sans révolutionner le genre, nous offre un thriller nerveux, où les rouages et les codes des gangs nous sont montrés abruptement, dans une démarche presque ethnologique. Si l’originalité n’est pas la qualité première du métrage, ce manque est aisément comblé par la mise en scène ingénieuse et par le travail sur la photographie, nous rappelant aux bons souvenirs de "Pusher". Nicolas Winding Refn vient de se trouver un compagnon dans ce nouveau cinéma danois.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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