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NÉ À JÉRUSALEM (ET TOUJOURS VIVANT)

Un film de Yossi Atia et David Ofek

Une comédie acerbe, touchante malgré ses maladresses

Ronen, habitant dans le quartier le plus touristique de Jérusalem, décide d’organiser des visites guidées un peu particulières : celle retraçant les attentats de ces dernières années…

Né à Jérusalem et toujours vivant film

"Né à Jérusalem (et toujours vivant)". Avec un titre pareil, on se doute rapidement que le film va emprunter des voix sarcastiques, dans la plus pure tradition d’un cinéma israélien qui n’a pas peur d’user d’humour noir pour conter son douloureux quotidien. Et dès les premières minutes, cette impression va se confirmer. La caméra suit alors Ronen, un résident du quartier le plus touristique de Jérusalem, au point de lui donner une idée saugrenue : organiser un city-tour basé sur les lieux des attentats de ces dernières années. En choisissant la chaleur du rire et la douceur de l’onirisme, les deux réalisateurs réussissent parfaitement à retracer les horreurs de ces années de conflits sans jamais tomber dans la démonstration.

Si ce postulat de départ est excellent, le résultat est lui quelque peu plus bancal, la faute à une redondance inhérente au dispositif choisi. Avec ce schéma convenu, le métrage ne cesse de se déliter, au point de devenir une simple succession de saynètes, sans surprise ni ambition scénaristique. Les blessures profondes du protagoniste ne parviennent pas à élever cette entreprise originale au-delà du statut de la bonne idée, condamnant l’œuvre à regarder ce qu’elle aurait pu être sans jamais y parvenir. Les balades dans les rues sont agréables, la manière dont les événements tragiques deviennent banalités est déchirante, mais il manque un peu d’épaisseur à l’ensemble pour transcender son propos.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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