Banniere-Berlinale-2019

MULHOLLAND DRIVE

Une rêve… américain

Par une nuit sombre, une limousine s'avance sur Mulholland Drive. Sur cette sorte de corniche surplombant la ville lumineuse de Los Angeles, le véhicule s'arrête bientôt aux abords d'un bois. La brune passagère est alors priée de sortir du véhicule par un des deux chauffeur qui pointe un revolver dans sa direction. A ce moment précis, une deuxième voiture percute de plein fouet la limousine…

Avec cette histoire de mémoire perdue et de quête d'identité sous-tendue par la menace d'un danger inconnu, David Lynch renoue avec les ambiances inquiétantes et sombres des films et feuilletons qui font la particularité de son univers (Lost Highway, Twin Peaks).

Initialement tourné comme pilote d'une série télévisée, Mulholland Drive présente, comme la version vidéo de Qui a tué Laura Palmer, deux parties bien distinctes. Si la bizarrerie des personnages et des situations (voir la scène hallucinatoire du 'dinner') n'est nullement absente de la première, celle-ci pourra cependant séduire les adeptes de thriller comme les aficionados du maître Lynch. La deuxième partie, quant à elle, loin d'être bâclée, livre sous forme de flash-backs, quelques clés pouvant permettre d'appréhender la signification de la première.

David Lynch et Angelo Badalamenti (superbes balades une fois de plus) nous plongent dans l'angoisse d'un ou plusieurs rêves où se croisent des personnages connus, des éléments réels, mais où tout n'est jamais tout à fait cohérent. Alors rien ne sert de disserter en sortant du film pour savoir qui a raison, qui de vous a le mieux compris la trame ou la symbolique du film. Mieux vaut vous laisser bercer par ce splendide malaise visuel et sonore, que distille le film et ses deux actrices égarées, Lynda Haring et Naomi Watts sans nul doute parmi les plus formidables et sensuelles découvertes de l'année.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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