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MOULIN ROUGE

Un film de Baz Luhrmann

Foisonnant récital

Christian, jeune écrivain sans le sous, se retrouve embringué dans l'écriture d'une pièce de music-hall tendance bohème. Les circonstances aidant, il rencontre le directeur du Moulin Rouge qui, cherchant un riche mécène pour transformer son flamboyant bordel en théâtre, fera accepter à ce riche donateur de produire la pièce. Reste que Christian commet l'erreur de s'amouracher de l'étoile du moulin : une courtisane prénommée Satine…

On ne peut pas dire que le film événement qui fit l'ouverture du dernier Festival de Cannes ne fut pas à la hauteur de l'attente suscitée, à la fois en tant que nouveaux film de Baz Luhrmann, et en tant que couplet sur un monument français du cabaret mondialement connu et reconnu.

Si le film ne présente aucun intérêt du point de vue historique, il n'en est pas moins un conte fascinant et charmant, construit tel une tragédie grecque, et dont les deux parties distinctes s'apprécieront différemment. La première, sorte de présentation du monument Moulin Rouge et de ses " filles ", se noie quelque peu dans une exubérance de couleurs vives et chaudes. Même s'il faut reconnaître la qualité du travail effectué sur les décors et les costumes, le montage speedé des scènes de danse, au rythme effréné, ferait passer les films de Jean Marie Poiré pour du James Ivory… La deuxième partie, plus calme, prend le temps, entre quelques dialogues un peu mièvres, de faire passer le côté sucré par des morceaux de bravoure chantés, voire dansés.

Les adaptations osées de morceaux tels " Like a Virgin " de Madonna par des hommes, ou Roxanne de Police en version flamenco, se mêlent à des medleys de standards de U2, Bowie, les Beatles, ou des extraits de Dirty Dancing, et font décoller le film dans un extravagance des plus heureuses, générant au passage quelques scènes d'anthologie, dont la déclaration d'amour sur le toit de l'éléphant.

N'en déplaise aux tristes sires, en mai dernier, Moulin Rouge fut le joyaux d'une des plus grandes soirées d'ouverture que Cannes ait connu. Une soirée que l'on est pas prêt d'oublier contrairement à ce qu'ont pu écrire quelques critiques frileux. Le film devrait ressortir aux Etats Unis en fin d'année : de bon augure pour la course aux oscars ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

2ème avis

Autant le dire tout de suite: on ne peut rester indifférent à Moulin Rouge. Ou bien on aime, ou bien on n'aime pas. Pas de juste milieu, mais un conseil: ne pas se fier aux 15 premières minutes, et à l'affreux french cancan d'ouverture qui nous ferait presque quitter la salle et rater parmi les plus beaux sourires qu'Ewan McGregor ait jamais réalisé devant une caméra.

Une banale histoire d'amour (un poète fauché tombe amoureux d'une courtisane) dans un Paris bohème à la fin du 19e siècle, est prétexte à l'un des films les plus exubérants de ce début de siècle. C'est un peu un "on connaît la chanson" à l'américaine, les paroles du film étant majoritairement tirées de chansons pop du siècle dernier. La version originale s'impose, ainsi qu'une bonne connaissance de la musique pop (et de ses paroles).

Ewan McGregor est comme le bon vin, toujours plus étincelant au fur et à mesure de ses rôles. Il incarne ici le poète fauché amoureux de la courtisane, Nicole Kidman qui joue sans aucun doute l'un des rôles la mettant le plus en valeur. Le tandem McGregor / Kidman fonctionne à merveille, et les seconds rôles apportent l'humour sans lequel le film deviendrait quelconque. A voir, tout spécialement pour cette version déjantée de "like a virgin" chantée par des voix masculines.

Francois ReyEnvoyer un message au rédacteur

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