Parce qu'on en a jamais assez !

LES MOOMINS SUR LA RIVIERA

Un film de Xavier Picard

Élégant trait pour jolie satire sociale

Les Moomins vivent paisiblement dans leur vallée reculée. Alors que le père organise une fête, ils sauvent une fille échouée avec un bateau pirate, dans lequel ils récupèrent livres, graines et feux d'artifices. Leur rencontre avec les pirates va leur donner le goût de l'aventure. Ils embarquent alors avec la fille et sa petite sœur, s'échouent sur une île déserte, avant de finir sur la Côte d'Azur, où ils s'installent dans une suite royale...

Pour le centenaire de la naissance de Tove Jansson (elle est morte en 2001), c'est le réalisateur français Xavier Picard (animateur ayant travaillé sur des séries télévisées d'animation, comme « Marcelino », ou « Les Rock'Amis »), qui, allié à une productrice finlandaise, nous livre une adaptation des quatre premières histoires tirées de l'album Moomin, the complete Tove Jansson Comic Strip. Ceux qui ne connaissent pas cet univers, surtout familier des lecteurs japonais, y découvriront une étrange famille, aux formes ressemblant à des hippopotames blancs, marchant sur leur pattes arrières, aussi aristocrates que fantasques.

Il y a Pappa Moomin, aventurier dans l'âme, Mamma Moomin, leur fils Moomin, adolescent impétueux mais profitant du moment, et Snorkmaiden, sa petite amie, aux goûts de luxe prononcés. Dans l'univers de cette étrange famille, on range la vaisselle sous le canapé, en attendant qu'il pleuve », il existe des sacs à gros mots qui permettent de garder une certaine bienséance. Ensemble, plongés dans leur rêve d'excentricité et de vie de Bohême, ils vont se confronter avec un certain décalage à la vie d'aristocrates en palace de luxe.

Sur la base d'un scénario qui met en exergue la superficialité des milieux oisifs (il y a ici un marquis qui ne sculpte que des éléphants...), et s'amuse du décalage entre cette famille et un milieu empli de conventions, « Les moomins sur la riviera » allie gentilles intrigues amoureuses (Moomin devient ami avec un duc, alors que sa petite amie s'entiche d'un séducteur) et petits délires réguliers distillés au milieu d'une histoire en apparence inoffensive. Un univers singulier, graphiquement élégant, résolument à découvrir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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